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Trente-neuf ans après avoir abandonné le corps supplicié de leur fille Inass, 4 ans, en bordure d’autoroute, Halima El Bakhti, 72 ans, et Ahmed Touloub, 74 ans sont apparus très diminués au premier jour de leur procès devant la cour d’assises du Loir-et-Cher. La constitution de partie civile de la commune de Suèvres, où l’enfant a été inhumée en 1987, a été rejetée.
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Ils sont assis côte à côte sur des chaises dans le prétoire, avec l’air de deux voyageurs perdus sur un quai de gare. Elle, engoncée dans un pardessus beige, les épaules recouvertes d’une écharpe, le visage mangé par de larges lunettes et ceint d’un foulard blanc, tient son sac serré contre elle. Lui, noyé dans un anorak vert, crâne glabre et longue barbe blanche, reste figé, tête baissée, les deux mains appuyées sur sa canne, dont l’une est parfois saisie de tremblements.
La présidente de la cour d’assises du Loir-et-Cher, Audrey Debeugny, donne lecture de son rapport, qui résume l’enquête depuis ce 11 août 1987, où le corps supplicié de leur fille Inass, 4 ans, a été découvert en bordure de l’autoroute A10 – l’enfant n’a été identifiée que trente ans plus tard, en 2017, grâce à l’ADN d’un de ses frères. Parfois, elle s’interrompt : « Vous m’entendez, monsieur ? », « Vous êtes là, madame ? ».
C’était lundi 2 novembre, à Blois, le premier jour du procès d’Halima El Bakhti, 72 ans, et d’Ahmed Touloub, 74 ans, jugés pour des faits commis trente-neuf ans plus tôt. Elle est accusée d’actes de tortures et de barbarie ayant entraîné la mort de sa fille sans intention de la donner. Il est renvoyé pour complicité de ce crime.
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Source: Le Monde · Pascale Robert-Diard
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