Par Le Figaro avec AFP
Publié le 29/10/2026 à 08h44
Le collectif Les Morts de la Rue note ainsi que les décès signalés par ses partenaires institutionnels ont marqué le pas en 2025 après avoir constitué «l’essentiel de la croissance du recensement» ces dernières années.
Passer la publicité Passer la publicitéDans une tente, une voiture, une gare... Au moins 927 personnes «sans chez soi» sont décédées en 2025, en léger recul par rapport à 2024, a indiqué jeudi le collectif Les Morts de la Rue, qui y voit «un palier» mais «pas une baisse de la mortalité». Après 938 décès en 2024, «le dénombrement marque un palier après plusieurs années de hausse», écrit le collectif dans son rapport annuel.
Mais ce n'est «pas une baisse de la mortalité», affirme-t-il, soulignant que «les chiffres publiés ne sont donc ni exhaustifs, ni définitifs» et constituent «un plancher documenté». Le collectif Les Morts de la Rue note ainsi que les décès signalés par ses partenaires institutionnels (Samu social, services intégrés d'accueil et d'orientation (SIAO), Ville de Paris, services de l'État) ont marqué le pas en 2025 après avoir constitué «l'essentiel de la croissance du recensement» ces dernières années.
Si l’écrasante majorité sont des hommes, la part des femmes progresse
«Un palier du recensement peut être celui de ses moyens, et non celui de la mortalité», insiste le collectif, qui mène depuis 2012 cette enquête, nourrie également par les associations, des particuliers et la veille de la presse. Dans le détail, parmi les personnes signalées décédées en 2025, 306 étaient en situation de rue, 264 étaient hébergées et 357 pour qui le collectif n'a pas pu déterminer la situation prédominante. Elles étaient âgées de 49 ans en moyenne, contre environ 79,5 ans en population générale selon les derniers chiffres de l'Institut national de la statistique (Insee). Parmi les victimes, 20 avaient moins de 15 ans.
Si l'écrasante majorité sont des hommes, la part des femmes progresse (14%, contre 11% sur la période 2012-2024), reflétant la féminisation croissante du sans-abrisme. La cause du décès est inconnue dans deux cas sur trois, mais, quand elle est documentée, les morts violentes (homicides, noyades, suicides, intoxications, etc.) sont dominantes, surtout chez les 15-25 ans (60%). Avec 22 décès, tous survenus en automne ou en hiver, la mortalité liée au froid atteint son niveau le plus élevé depuis 2012.
Il est difficile de connaître précisément le nombre de personnes sans domicile fixe en France : elles seraient environ 350.000 selon la Fondation pour le Logement. La dernière évaluation officielle de l'Insee, qui remonte à 2012, estimait leur nombre à 143.000. L'Institut doit toutefois dévoiler d'ici la fin de l'année des chiffres actualisés issus d'une nouvelle enquête.
Source: Le Figaro · Le Figaro avec AFP
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