Selon Romain Ruiz, le président du Rassemblement national a "donné la localisation de l'attentat" raciste qui s'est produit vendredi dernier dans les Yvelines.

Radio France

Publié le 30/10/2026 08:29 Mis à jour le 30/10/2026 08:31

Temps de lecture : 2min

Un policier à La Verrière (Yvelines) le 23 octobre 2026 après l'attentat (MARC BERTRAND / FRANCEINFO / RADIO FRANCE)
Un policier à La Verrière (Yvelines) le 23 octobre 2026 après l'attentat (MARC BERTRAND / FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

"Indirectement, Jordan Bardella a mis dans la tête de cet homme le lieu où il devait déployer sa haine", dénonce vendredi 30 octobre sur franceinfo maître Romain Ruiz, l'avocat de l’une des victimes de l'attentat raciste survenu vendredi dernier dans les Yvelines. Kevin Tessier, le suspect de l'attentat, a été mis en examen et écroué jeudi à Paris, après avoir, selon l'accusation, reconnu avoir ciblé des personnes musulmanes, africaines ou nord-africaines.

Le client de Romain Ruiz, un homme touché aux deux jambes, "va comme il peut", assure son avocat, selon qui il "marche avec des béquilles" et "ne dort plus". Il ressent selon lui une "forme de désespoir et de sentiment d'insécurité".

Selon maître Romain Ruiz, "il y a une responsabilité idéologique : lorsqu'on comprend que cet homme [le principal suspect] a ciblé Trappes car, je cite, c'est un 'repaire d'islamistes', et qu'on constate que cette phrase est issue de la propre bouche de Jordan Bardella et d'autres responsables du Rassemblement national, on peut en déduire qu'indirectement, c'est Jordan Bardella qui a donné la localisation de l'attentat. C'est lui qui a mis dans la tête de cet homme le lieu où il devait déployer sa haine." Il affirme que "tout dans l'iconographie, dans la mise en scène transpire la haine, l'islamophobie et le racisme."

Kévin T. avait été arrêté trois jours avant son périple meurtrier dans les Yvelines pour une agression contre un homme noir, a indiqué une source proche de l’enquête à franceinfo jeudi, confirmant une information de Mediapart. Les faits se sont déroulés dans une station-service : selon les premiers éléments, le suspect a frappé un homme noir avant d’être interpellé par des policiers. Relâché après son interpellation, l’homme de 39 ans devait être entendu au commissariat de Levallois-Perret le jour même de l’attentat raciste dans les Yvelines.

Selon maître Romain Ruiz, "cet homme a lui-même bénéficié d'un privilège blanc : s'il s'était appelé Mohammed ou s'il avait eu une couleur de peau différente, je doute très sincèrement qu'il aurait été relâché avec une convocation pour deux jours après. Il aurait été placé en garde à vue, et le matin de cet attentat, il se serait trouvé, soit toujours en garde à vue, soit déferré devant un procureur de la République."

Il avance que "les mesures de sûreté, les mesures d'interpellation et les gardes à vue sont décidées différemment selon le profil, et je mets des gros guillemets à profil, de ceux qui sont interpellés. Ce qui est dramatique dans la pensée perverse de cet homme, c'est qu'il avait bénéficié d'un privilège qu'il refuse manifestement aux autres : c'est évidemment grâce à cela qu'il n'était pas en garde à vue ce jour-là."

L'avocat appelle à "une réaction populaire" et "à une sanction politique de ce qui s'est dit."

Vous pouvez désormais privilégier l'affichage des articles de franceinfo dans les résultats de recherche Google. Comment ça marche ?

Sur le même thème

Shorts

Source: Franceinfo · franceinfo

At a glance

Topic
World
Country
🇫🇷 FR
Publisher language
FR
Added to Allnira