Une vidéo montre cette femme de 53 ans être jetée au sol par un policier avant d'être plaquée face contre terre et menottée.

France Télévisions

Publié le 03/11/2026 10:30

Temps de lecture : 3min

L'infirmière du lycée Jean-Monnet interpellée à Montpellier, le 2 novembre 2026. (ICI HERAULT)
L'infirmière du lycée Jean-Monnet interpellée à Montpellier, le 2 novembre 2026. (ICI HERAULT)

Les images ont fait le tour des réseaux sociaux. Une infirmière scolaire a été violemment interpellée, lundi 2 novembre, lors d'une intervention de police devant un lycée de Montpellier (Hérault) bloqué dans le cadre de la mobilisation des lycéens. Cette membre du personnel de l'Education nationale a été brièvement placée en garde à vue pour "outrage" avant d'être relâchée sans charge. Mais les réactions politiques se sont multipliées, à gauche notamment, pour dénoncer la violence de cette interpellation.

Une intervention devant un lycée bloqué

La scène s'est déroulée tôt dans la matinée, lundi 2 novembre, à la reprise des cours après les vacances de la Toussaint, devant le lycée Jean-Monnet de Montpellier, le seul bloqué dans l'académie, selon le rectorat. Des dizaines d'élèves étaient rassemblés dans le cadre de la mobilisation des lycéens, rapporte ICI Hérault.

Un élève de terminale membre de la coordination lycéenne, Léo, 17 ans, a raconté à l'AFP que les élèves avaient placé des poubelles contre le portail du lycée pour en bloquer l'entrée, quand "plusieurs camions de gendarmes sont arrivés". Selon lui, les élèves étaient assis devant le portail, des professeurs les "protégeant" en première ligne.

"Après trois sommations", d'après ce témoin, les forces de l'ordre "ont commencé à tirer des élèves assez violemment et certains sont tombés", d'autres se retrouvant "compressés contre les poubelles". "Des profs aussi se sont retrouvés au sol", a ajouté le lycéen.

Une infirmière accusée de "rébellion"

Une vidéo, publiée par ICI Hérault, montre une femme crier en direction des forces de l'ordre, sans que l'on puisse identifier ses paroles. Il s'agit de l'infirmière scolaire de l'établissement, âgée de 53 ans. Elle est alors jetée au sol par un policier qui la plaque face contre terre et la menotte.

"Lachez-là !" crie une élève, avant qu'un adulte n'intervienne auprès des forces de l'ordre. L'infirmière a été "projetée au sol et menottée" après "avoir voulu s'interposer entre les forces de l'ordre et les lycéens", affirme Btissam Aboubeker, vice-présidente de la FCPE de l'Hérault, auprès de franceinfo.

VIDEO - Une infirmière scolaire plaquée au sol lors de son interpellation, devant le lycée Jean Monnet à Montpellier ➡️ https://t.co/WsKoGzfZay https://t.co/7dff796ztv

— ICI Hérault (@iciherault) November 2, 2026

Sur X, la préfète de l'Hérault a assuré que cette interpellation était justifiée par des faits d'"outrages envers les forces de sécurité, participation au blocage d'un lycée qui est une action illégale, rébellion pour empêcher l'intervention des forces de sécurité après sommations réglementaires". Par ailleurs, deux lycéens de 15 ans, qui avaient refusé d'obéir aux sommations, ont également été interpellés et placés en garde à vue, rapporte ICI Hérault.

Une garde à vue rapidement levée

Peu après son interpellation, un rassemblement de soutien à l'infirmière a eu lieu dans l'après-midi devant le commissariat de Montpellier, rapporte ICI Hérault. "Ils appellent cela usage de la force, mais moi j'appelle cela de la violence à l'égard des enseignants et des élèves. Quand les forces de l'ordre sont arrivées, les élèves étaient très apaisés et assis", a affirmé Milène Crouzet, professeur de français et représentante du syndicat SNES-FSU, auprès de France 3 Occitanie.

Des élèves et des professeurs manifestent devant l'hôtel de police de Montpellier (Hérault), lundi 2 novembre. (FRANCE 3 OCCITANI)

L'infirmière a finalement été libérée dans la soirée. "A l'issue des investigations, la garde à vue a été levée [lundi après-midi] sans charge retenue contre la personne, et le dossier a été classé sans suite par le parquet pour cause d'infraction insuffisamment caractérisée", a précisé le parquet.

Des réactions politiques indignées

L'interpellation de l'infirmière a soulevé l'indignation de plusieurs élus, notamment celle du maire socialiste de Montpellier, Michaël Delafosse, qui a dit sur X sa "stupéfaction" et a appelé à "une enquête interne". Le député insoumis de l'Hérault, Sylvain Carrière, a de son côté dénoncé un "scandale".

Le sénateur socialiste Hussein Bourgi a interpellé la préfète de l'Hérault sur le réseau social, évoquant "le dérapage de trop". Ce à quoi la préfète Chantal Mauchet a répondu, toujours sur X, que "la liberté de manifester ne comprend pas celle de bloquer, et encore moins celle de s'en prendre directement aux forces de l'ordre".

Le syndicat des infirmières Snics-FSU a également apporté "tout son soutien" à leur collègue "victime de violences par les forces de l’ordre à Montpellier" et a appelé, dans un communiqué, "les infirmières à se mobiliser le 5 novembre", jour où un appel à la grève nationale a été lancé. Saphia Guereschi, secrétaire générale du syndicat, a dénoncé auprès de l'AFP un "usage disproportionné de la force", réaffirmant son soutien "au mouvement lycéen, légitime y compris dans sa colère, notamment par rapport au nombre de postes infirmiers".

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Source: Franceinfo · franceinfo avec AFP

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