Le conseil municipal de cette ville des Hautes-Pyrénées a voté la mise en place d'un tarif social, alors qu'un habitant sur trois vit sous le seuil de pauvreté. Des stèles de seconde main sont par exemple proposées à partir de 1 800 euros au lieu de 15 000 en moyenne.

Radio France

Publié le 01/11/2026 10:21

Temps de lecture : 2min

La mairie de Tarbes (Hautes-Pyrénées) propose des stèles de seconde main à moindre coût aux plus démunis sur conditions de ressources. (PIERRE-YVES ROYET / MAXPPP)
La mairie de Tarbes (Hautes-Pyrénées) propose des stèles de seconde main à moindre coût aux plus démunis sur conditions de ressources. (PIERRE-YVES ROYET / MAXPPP)

Pour le jour de la Toussaint, dimanche 1er novembre, imaginez-vous reposer après votre mort sous une stèle d'occasion à bas prix ? C'est ce que propose la ville de Tarbes (Hautes-Pyrénées). Le conseil municipal a voté fin septembre la mise en place d'un tarif social pour des tombes et des monuments funéraires de réemploi provenant d'anciennes concessions abandonnées.

Dans le cimetière nord à Tarbes, il y a cinq hectares de tombes et des stèles de marbre gris sont stockées sur un côté, sur palette. Elles ont été récupérées d'anciennes concessions par l'entreprise de pompes funèbres de Bernard Fontan, mandatée par la mairie. "Ce sont des reprises de concessions qui avaient été abandonnées, dont il ne restait plus personne dans les familles, raconte-t-il. On creuse, on récupère tout ce qu'il y a à l'intérieur de ces concessions."

Donc même la partie extérieure de la tombe, le monument en marbre, est réemployée, et on retire les ornements, comme cette plaque gravée "à la mémoire de notre père" sur la tombe d'un homme décédé, comme l'indique encore la date, en 1985. "Là, il y en a à peu près une trentaine qui vont être nettoyées, donc toutes les gravures vont être effacées, détaille José Marquès, responsable des cimetières de la ville de Tarbes. Et après, ce sera remis en vente. Un coup de lavage et de Kärcher, et c'est comme neuf."

La mairie de Tarbes propose ces stèles de seconde main à moindre coût aux plus démunis sur conditions de ressources, jusqu'à dix fois moins cher : à partir de 1 800 euros au lieu de 15 000 en moyenne. "Nous avons mis en place ce système de trois tarifs différenciés en fonction du quotient familial, explique Pierre Lagonelle, premier adjoint à la ville de Tarbes. Le système procure un avantage matériel très conséquent pour la famille. Nous nous sommes rendu compte que des familles qui tenaient à avoir des sépultures dignes, ou à ne pas faire l'objet de crémation, avaient parfois de grosses difficultés financières pour pouvoir payer une concession, une cuve et un monument funéraire."

La formule ne convainc pas Patricia, venue entretenir la tombe de son mari : "Ça me gêne. Après, la cuve est vide, mais c'est un peu bizarre parce qu'ils ont sorti les gens qu'il y avait dedans."

Cette tarification sociale fait d'autant plus sens à Tarbes, où une personne sur trois vit sous le seuil de pauvreté, le double de la moyenne nationale. Pour certains, elle constitue donc la seule alternative à un enterrement en pleine terre, sans monument en leur mémoire. Cassilda salue une initiative qui aurait bien aidé sa famille avant le décès de son frère. Ses parents ont déboursé plusieurs milliers d'euros pour acheter le caveau familial. "L'enterrement de mon frère a coûté 4 200 euros, mes parents ne les avaient pas, ils ont été obligés de faire un crédit, déplore-t-elle. Ça a été compliqué."

La mairie estime le coût de cette mesure à 250 000 euros, elle a déjà reçu une dizaine de demandes.

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Source: Franceinfo · franceinfo

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