À 11 000 kilomètres de la France métropolitaine, les Réunionnaises et Réunionnais se sont aussi mobilisés ce 31 octobre. Pas de foule dans les rues, mais des barrages filtrants installés aux entrées des chefs-lieux du sud et du nord de l’île pour dénoncer le racisme et la vie chère. Avec un élément venu renforcer la colère : l’augmentation record du prix de l’essence au 1ᵉʳ novembre.
Publié le : 31/10/2026 - 20:45
2 min Temps de lecture
Avec notre correspondante à Saint-Denis, Lola Fourmy
Un prix à la pompe à 2,11 euros le litre de sans-plomb. Une nouvelle hausse qui ne passe pas à La Réunion, où 36 % des habitants vivent sous le seuil de pauvreté.
Valentin est exaspéré. Il explique les raisons qui l'ont poussé à manifester : « Essayer d'augmenter notre pouvoir d'achat, pouvoir s'alimenter convenablement. Et il y en a marre qu'à partir du quinze du mois, certaines familles réunionnaises n'arrivent plus à subvenir à leurs besoins. Trouvons une solution adéquate, comme pour l'Hexagone », martèle le manifestant.
Défier la peur
Hasna est élève de prépa à Saint-Denis. Elle manifeste pour défier sa peur. « Sur ma pancarte, j'ai écrit “Ne soyez pas spectateur mais acteur” », indique-t-elle. « En tant que femme noire et musulmane, bien sûr que j'ai peur, même en outre-mer. »
« Peut-être que je ne suis pas en sécurité, parce qu'il y a des gens – peut-être – qui entretiennent les mêmes idéaux que Kévin T. [principal suspect d'un attentat raciste en banlieue parisienne qui a fait un mort et plusieurs blessés, NDLR] On est tous égaux. Telle est la devise Liberté, égalité, fraternité. Elle est où la fraternité si on tue notre frère ? », interroge-t-elle.
L'inquiétude du vote en faveur du RN
Alors que Marine Le Pen devrait venir prochainement sur l'île, Emma, auxiliaire de vie réunionnaise, s'inquiète du vote RN. « Quand je vois une créole de peau noire issue de métissage, issue de l'esclavage, voter RN, c'est comme si vous crachiez sur tout ce qui se passe. Cela me fait mal au cœur », déplore-t-elle.
Manifester, c'est aussi sortir de sa torpeur pour Marie-Laure qui se félicite d'avoir osé. Elle est soulagée « de se sentir soutenue, qu'on n'ait pas l'impression qu'on est tout seul chez nous face aux nouvelles. Et là, on se sent un peu plus citoyen », se rassure-t-elle.
Elle compte bien revenir dès jeudi prochain.
Source: RFI
At a glance
- Topic
- World
- Country
- 🇫🇷 FR
- Publisher language
- FR
- Added to Allnira