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Chantiers de construction dans le quartier de Courchevel 1850, le 15 octobre 2026.
Etienne Maury/item pour « Le Monde »

Par Maryline Baumard 

Publié aujourd’hui à 14h00, modifié à 16h09

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ReportageLes élus locaux de la célèbre station, qui doit accueillir huit épreuves des Jeux d’hiver Alpes 2030, comptent profiter de l’événement pour développer un peu plus l’économie locale. Un choix contesté alors que les effets du réchauffement se font sentir dans ce coin de Savoie prisé et hautement artificialisé.

Le tintement des grelots signe leur présence. Museau au ras de l’herbe, les chèvres trient les trèfles les plus verts. Le 15 octobre, après un été dans les alpages, elles profitent des prairies basses de Courchevel (Savoie), le retour à l’étable est imminent. « Ici, on fauche deux fois dans la saison pour faire notre foin et on amène nos 80 chèvres plusieurs semaines au printemps et à l’automne », explique Sylvain Chevassu, à la tête, avec son épouse, de la chèvrerie de Chavière.

Primé pour la qualité de la tomme qu’il distribue en circuit court, le paysan voit son fragile modèle d’agriculture de montagne menacé par un projet d’équipement poussé par les élus locaux à la faveur des Jeux olympiques d’hiver Alpes 2030. « On dispose juste de 25 hectares pour faire du foin, dont 20 à Bozel. Si on les perd avec les Jeux, on n’aura plus de quoi nourrir le troupeau l’hiver », résume-t-il en pointant du doigt le tracé de l’« ascenseur valléen ». Le câble, qui doit relier Bozel (900 mètres) à Courchevel Village (1 550 mètres), avec une gare intermédiaire au hameau de Saint-Bon (1 100 mètres), passerait au-dessus des prairies et de son troupeau. « Inconcevable ! Les chèvres sont bien trop craintives pour continuer à produire du lait avec un ballet de cabines au-dessus de leur tête », s’énerve le dernier paysan de Bozel.

Huit des épreuves des Jeux d’hiver 2030 doivent se dérouler à Courchevel. La Société de livraison des ouvrages olympiques (Solideo) a prévu d’y rénover les tremplins de saut de 1992, la piste de l’Eclipse, et de construire, en bas, un village olympique. Profitant de l’occasion, les mairies de Bozel et de Courchevel ont ressorti des cartons ce projet de liaison par câble vieux de dix ans. « Un projet des territoires », comme dit la Solideo, pour bien montrer qu’il n’est pas indispensable aux JO.

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Source: Le Monde · Maryline Baumard

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