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Sam Rockwell et John Malkovich composent un épatant duo d’agents de la CIA dans le film de Martin McDonagh, dont l’île de Pâques compose le décor.

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John Malkovich (Chris) et Sam Rockwell (Lee) dans « Wild Horse Nine », de Martin McDonagh.

L’AVIS DU « MONDE » – À NE PAS MANQUER

Posons les choses sans ambages. Vous êtes producteur chez Searchlight Pictures (autant dire chez Disney). Martin McDonagh se tient en face de vous – ce dramaturge d’origine irlandaise féru d’un théâtre de l’absurde qu’il a transposé à Hollywood en comédie noire à gros succès, avec Frances McDormand en vengeresse déterminée, dans 3 Billboards, les panneaux de la vengeance (2018). Il vous propose un nouveau projet, un buddy movie (« film de potes ») qui met en scène deux agents de la CIA chargés de mettre en œuvre le coup d’Etat du 11 septembre 1973 et l’assassinat du président Salvador Allende, sous les ordres du commandant en chef de l’armée, Augusto Pinochet.

Singularité de l’intrigue : rien ne sera vu dudit coup d’Etat, mais tout ou presque sera dit de la relation amicale des deux agents de la CIA, le premier (Lee) emmenant le second (Chris) sur l’île de Pâques pour, accessoirement, voir avec lui les fameuses statues monumentales des peuples premiers. Et, plus essentiellement, lui mettre une balle dans la tête, vu que celui-ci est atteint d’un cancer en phase terminale et qu’un Alzheimer bien entamé le conduit par ailleurs à s’ouvrir du coup de main de son agence au coup d’Etat à toutes les personnes qu’il croise. D’une pierre deux coups en quelque sorte.

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Source: Le Monde · Jacques Mandelbaum

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