Tandis que le PS, LR et le RN militent pour un changement des dates de la présidentielle, afin d’éviter un second tour au lendemain du 1er-Mai, Gérald Darmanin lui souhaite rester sur celles actées par le président de la République.

« On est à 200 jours de l’élection présidentielle », rappelle Gérald Darmanin. Sauf si les dates changent… À six mois du scrutin, plusieurs candidats engagés dans la course à l’Élysée poussent pour une modification des dates tranchées par Emmanuel Macron.

La raison ? Le second tour se déroulera le 2 mai 2027, au lendemain des manifestations du 1er-Mai, une journée traditionnellement marquée par des mobilisations syndicales.

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L’exécutif a déjà indiqué qu’« il n’y a pas de raison de changer ces dates ». Pourtant, la question continue de faire débat. En première ligne pour réclamer un changement, le candidat LR Bruno Retailleau rejoint par le candidat du PS Raphaël Glucksmann.

Un risque de « tension politique », selon Darmanin

Cette petite musique déplaît à Gérald Darmanin. Le ministre de la Justice et soutien du candidat Horizons Édouard Philippe a plaidé, ce mardi 3 novembre sur BFMTV, pour le maintien des dates telles qu’elles ont été actées par le chef de l’État.

« Dans un délai constitutionnel contraint, on ne prend pas n’importe quelles dates », a-t-il mis en garde. Pour rappel, l’article 7 de la Constitution impose un délai pour l’organisation du premier tour entre 20 et 35 jours avant l’expiration des pouvoirs du président de la République.

Les autres dates évoquées - les 11 et 25 avril 2027 - sont une « période de vacances scolaires », rappelle le garde des Sceaux qui souhaite « faire attention à ce que les gens puissent voter ».

Gérald Darmanin se projette ensuite sur l’hypothèse selon laquelle Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon accèdent au pouvoir. « Imaginons que Madame Le Pen soit élue ou que Monsieur Mélenchon soit élu. Pendant dix jours, ce sera encore le gouvernement d’Emmanuel Macron (…) qui n’a plus de légitimité politique, qui expédie les affaires courantes », et qui se retrouverait à gérer cette journée du 1er-Mai. « Vous imaginez la tension politique ? », interroge-t-il.

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Retailleau, Aliot et Glucksmann demandent une modification

Cependant, des candidats à l’élection présidentielle n’en démordent pas et militent pour une modification de ces dates. À l’image de Raphaël Glucksmann. Sur BFMTV le 2 novembre, le candidat du Parti socialiste a estimé que « vu l’état de polarisation, vu l’état de détestation, vu l’état de violence dans la société », il « serait intelligent effectivement de changer la date de l’élection ».

Fait assez rare pour être souligné, Bruno Retailleau, mais aussi Louis Aliot ont formulé la même demande que le candidat social-démocrate. « La neutralité et la sérénité qui doivent prévaloir avant le vote du dimanche seront nécessairement rompues par la tenue partout en France de manifestations du 1er-Mai, dont on sait qu’elles sont l’apanage de la CGT et de toutes les organisations syndicales et militantes de gauche », a indiqué le vice-président du Rassemblement national.

Le candidat et patron des Républicains dénonce : « Qu’on ne me fasse pas croire que dans les cortèges, dans les prises de position, il n’y aura aucun écho politique. Le choix du gouvernement, ça a été le choix de la gauche parce que la gauche pense qu’un second tour après le 1-Mai, ça l’avantagera ».

« Que des mauvaises solutions », selon Benjamin Morel

Si l’exécutif martèle qu’un changement de dates n’est pas à l’ordre du jour, la loi permet que le "décret de convocation" des électeurs soit publié au plus tard 10 semaines avant la date du scrutin. Soit le 31 janvier, s’il décidait de privilégier finalement les 11 et 25 avril.

Le constitutionnaliste Benjamin Morel rappelle que les dates ne dépendent pas d’Emmanuel Macron. « On cumule une contrainte de calendrier, prévisible depuis la mort de Pompidou », explique-t-il. « Ces deux couples de dates sont problématiques, car il y a beaucoup de temps entre la présidentielle et l’entrée en fonction du prochain locataire de l’Élysée ».

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Autre point qui doit être pris en compte selon le constitutionnaliste, « le délai avec une éventuelle dissolution serait de trois semaines, ce qui laisse beaucoup de temps entre le scrutin présidentiel et les législatives ». Conclusion selon le constitutionnaliste : « Il n’y a que des mauvaises solutions ».

Source: Le Figaro · Marie-pierre Haddad

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