L’eurodéputée Insoumise, présente à la réunion à Matignon jeudi, a sévèrement taclé les mesures décidées par l’exécutif pour anticiper «l’acte II» des manifestations, samedi.
Passer la publicité Passer la publicitéJeudi après-midi, les partis politiques ont été reçus à Matignon avec pour ordre du jour la doctrine de maintien de l’ordre ainsi que la sécurisation de la campagne présidentielle. La France Insoumise (LFI), accusée d’avoir attisé les violences du 17 octobre, était représentée par l’eurodéputée Manon Aubry. Sur Franceinfo, ce vendredi, elle dénonce «la pente autoritaire» que le pays «est en train de prendre», après les dernières mesures décidées par l’exécutif à l’aube de «l’acte II», samedi.
L’élue, qui fait partie des proches du leader Jean-Luc Mélenchon, s’emporte contre les interdictions de manifester et les couvre-feux décrétés «en pagaille». Après les recommandations d’Emmanuel Macron, hier, à l’issue d’un conseil de sécurité, plusieurs préfets ont pris des arrêtés pour interdire les manifestations samedi. À Marseille et Lyon, villes particulièrement touchées par les émeutes, les interdictions sont totales. Pour l’Insoumise, le droit de manifestation est «sévèrement atteint».
«Forme d’état d’urgence déguisé»
«En interdisant les manifestations, il va y avoir des manifestations sauvages», argue encore la députée européenne, qui estime que «ce sera plus difficile à contrôler». «C’est à se demander littéralement si le gouvernement ne cherche pas le chaos», s’insurge-t-elle encore, l’accusant aussi de mettre en place «une forme d’état d’urgence déguisé». Ses rivaux, Bruno Retailleau (Les Républicains) et Gabriel Attal (Renaissance), le réclament.
La responsable politique a aussi vilipendé des «services de renseignements» qui seraient «instrumentalisés par le pouvoir pour dénigrer LFI et l’accuser injustement de violence». Basé sur des révélations de Mediapart, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a réfuté ces accusations, accusant le parti de «diversion».
La députée européenne a aussi accusé le chef d’État de «prendre exemple» sur Giorgia Meloni, la première ministre italienne, dans sa gestion de la crise. Le pays est lui aussi en proie aux manifestations et aux pillages, la responsable a annoncé l’envoi de 500 soldats à Milan.
Source: Le Figaro · Anais Chaline
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