L'armée vénézuélienne aurait mené une opération militaire et bombardé vendredi 30 octobre un campement du groupe armé colombien de l'ELN installé sur son territoire. L'attaque, qui n'a pas été confirmée par les autorités, aurait eu lieu dans l'État d'Apure à la frontière avec la Colombie. C'est l'ONG Fundaredes qui a documenté sur place la présence des forces gouvernementales. Cette ONG dénonce depuis des années une protection offerte par Caracas aux guérillas colombiennes. Elle assure qu'il s'agirait de la première frappe du Venezuela contre ce groupe armé.

Publié le : 01/11/2026 - 21:51

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Juan Francisco García, ancien député et coordinateur de l'ONG Fundaredes dans l'État d'Apure dans l'ouest du pays, scrute le ciel de la frontière avec la Colombie. Il tente de déceler d'où proviennent les patrouilles aériennes engagées contre l'ELN. La région sert de base arrière aux groupes armés colombiens, mais cette fois – il l'assure – c'est l'armée vénézuélienne qui les traque et non la Colombie.

« Depuis une semaine, on voit passer des avions de combat K-8. Puis vendredi au petit matin, un drone a bombardé un campement », déclare Juan Francisco García. « Cela fait des années que nous alertons sur la présence dans cette zone d'un laboratoire de cocaïne et des pistes où décollent des ULM. »

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Un bombardement qui serait une première

Dans une vidéo que RFI a pu visionner, plusieurs corps de combattants présumés jonchent le sol d'un campement dans la jungle. « Nous avons échangé avec certains de leurs proches. Une femme m'a contacté car son oncle a été tué. Parmi les habitants, certains détestent ces combattants et leurs exactions. D'autres Vénézuéliens – au contraire – participent à cette économie de la drogue », soutient Juan Francisco García. 

L'ONG Fundaredes dénonce depuis des années une protection offerte par le Venezuela à l'ELN, allant – assure-t-elle – jusqu'à mettre à sa disposition du matériel militaire. Ce bombardement présumé serait donc une première. Elle serait d'ailleurs, selon Juan Francisco García, téléguidée par Washington, qui soutient Caracas depuis l'enlèvement de Nicolas Maduro en janvier. 

Nous dénonçons depuis 2021 les liens entre l’armée vénézuélienne et l’ELN. Il existe une sorte d’alliance entre les forces armées et l’ELN, ordonnée par l’ancien président Nicolás Maduro. Aujourd’hui, on voit un changement de dynamique. L’armée affiche pour la première fois son intention de défendre la souveraineté du territoire vénézuélien. J’attribue cela à deux phénomènes qui se produisent actuellement dans la région. Tout d’abord, la capture de Nicolás Maduro. Depuis le 3 janvier, les logiques politiques et le rapport de forces au Venezuela ont changé. L’ampleur de la tutelle et la présence des États-Unis au Venezuela sont considérables. Ensuite, il faut voir ce qui se passe en Colombie. Cette semaine encore, Washington a renforcé son soutien aux opérations militaires menées à la frontière par le nouveau gouvernement d'Abelardo de la Espriella. Les groupes armés sont en quelque sorte pris en étau.

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Juan Francisco García, ancien député et coordinateur de l'ONG Fundaredes

Mélissa Barra

Contactée par RFI, l'armée vénézuélienne n'a pas souhaité répondre à nos sollicitations. 

Source: RFI

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