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Publié le 30/10/2026 05:51

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Une radio thoracique d'un patient atteint d'un cancer du poumon, le 7 octobre 2026. (RAJAAISYA / SCIENCE PHOTO LIBRARY / AFP)
Une radio thoracique d'un patient atteint d'un cancer du poumon, le 7 octobre 2026. (RAJAAISYA / SCIENCE PHOTO LIBRARY / AFP)

Le Congrès européen de cancérologie (Esmo) s'est tenu du 23 au 27 octobre à Madrid. L'occasion pour les chercheurs de présenter des résultats prometteurs contre certaines formes de la maladie.

Des annonces encourageantes. Plus de 40 000 chercheurs, médecins, soignants et professionnels du secteur se sont réunis à Madrid (Espagne), du vendredi 23 au mardi 27 octobre, dans le cadre du Congrès européen de cancérologie (Esmo).

Ils sont venus découvrir les dernières avancées médicales pour lutter contre les cancers, une maladie qui a tué plus de 10 millions de personnes en 2024 à travers le monde, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS). En France, près de 165 000 patients en sont morts en 2023, selon l'Institut national du cancer.

"Ce congrès illustre les récents progrès de la biochimie et l'ingénierie en biotechnologie, qui ont permis d'élaborer de nouveaux traitements comme les anticorps bispécifiques, les vaccins thérapeutiques et les anticorps conjugués", salue l'oncologue Fabrice André, qui a présidé l'Esmo 2026, auprès de franceinfo. Vaccin thérapeutique, traitements contre le cancer du poumon et de la prostate... Voici ce qu'il faut retenir de ce rendez-vous scientifique.

Un vaccin pour réduire le risque de récidive d'un mélanome

Il s'agit de l'avancée la plus notable de cette édition. Des scientifiques ont présenté les résultats très attendus d'un essai clinique international, réalisé en partie en France, concernant le premier vaccin thérapeutique à ARN messager sur les patients atteints d'un mélanome, le cancer de la peau le plus mortel.

Conjugué à une immunothérapie déjà utilisée dans ce type de cancer, ce vaccin améliore les chances de survie à deux ans des patients sans récidive, passant ainsi de 70 à 82,2%. "Ces résultats marquent un tournant décisif dans le domaine des vaccins anticancéreux", a salué la professeure Inge Marie Svane, de l'hôpital universitaire de Copenhague (Danemark), lors de l'Esmo.

Ce traitement sur mesure est réalisé à partir des mutations spécifiques de la tumeur du patient, pour entraîner son système immunitaire à reconnaître et détruire les cellules cancéreuses. En France, il a été testé sur plus de 1 000 patients déjà opérés pour un mélanome avancé et traités à l'hôpital Gustave-Roussy. Le vaccin présente par ailleurs très peu d'effets indésirables pour les patients, "principalement de la fièvre, de la fatigue et des douleurs au site d'injection, ce qui est également typique des vaccins viraux", note la scientifique.

"Le mélanome est rare, l'impact sur la santé publique reste relatif, mais les perspectives ouvertes par ce vaccin thérapeutique sont colossales."

Fabrice André, oncologue, directeur de la recherche à l'institut Gustave-Roussy

à franceinfo

En France, ce type de mélanomes concerne "environ 3 000 à 3 500 nouveaux patients par an", estime la dermatologue Caroline Robert dans Le Monde. Toutefois, "rien n'exclut que dans le futur, on puisse administrer ce vaccin tout seul, même à titre de prévention, comme un vaccin classique, et pour d'autres pathologies", espère Fabrice André.

"Les vaccins sont une immense source d'espoir", abonde Iris Pauporté, directrice de recherche à la Ligue contre le cancer. "En revanche, il faut garder en tête que ce traitement prend du temps et il est coûteux, car il vient en plus d'immunothérapies qui sont déjà onéreuses." Un point également soulevé par Inge Marie Svane, de l'hôpital universitaire de Copenhague à l'Esmo : "Chaque vaccin doit être préparé pour chaque patient, ce qui prend du temps et limite les moments où il peut être administré. La question essentielle est de savoir si le vaccin peut être préparé dans un délai plus court."

Un duo d'immunothérapies contre certains cancers du poumon

A en croire les médias présents à Madrid, c'est l'une des avancées les plus applaudies de l'Esmo. Deux nouveaux traitements améliorent les chances de survie de patients atteints de certains cancers du poumon. Le premier est la conjugaison de deux immunothérapies pour venir à bout des cancers du poumon dits "à petites cellules", une forme particulièrement agressive de la maladie liée au tabagisme et souvent redoutable, car fréquemment diagnostiquée à un stade métastatique. D'après l'oncologue Maurice Pérol, interrogé par France Inter, "ces cancers ont une médiane de survie de l'ordre d'un an". Seulement "13% des patients sont en vie deux ans après le diagnostic", précise-t-il.

Cette combinaison de deux immunothérapies, le tarlatamab et le durvalumab, présente des résultats très encourageants. Après environ seize mois, elle "a permis une réduction de 58% du risque de décès", a exposé l'oncologue américain Jacob Sands, cité par Le Monde. Un an après le début du traitement, 79% des patients qui ont reçu cette association étaient encore en vie, contre 53% de ceux qui étaient traités avec du durvalumab.

L'idée est d'administrer ce traitement "dès le début" de la maladie, "avec une forte amélioration des chances de guérison des patients, même dans cette situation avancée", décrypte Nicolas Girard, oncologue thoracique à l'Institut Curie, auprès de franceinfo. Fabrice André y voit "surtout de nouvelles perspectives", "car le mécanisme d'action pourra être appliqué pour d'autres pathologies".

Un autre traitement présenté à Madrid suscite l'espoir des chercheurs. Il s'agit d'une thérapie ciblée qui vise la protéine Kras, qui est aussi en cause dans le cancer du pancréas. "Le plus intéressant dans cette étude, c'est qu'elle montre les progrès du secteur de la chimie, car ce médicament a la même cible que d'autres plus anciens, mais il améliore les chances de survie d'en moyenne cinq mois, note Fabrice André. Cela ouvre des perspectives énormes, en prouvant que la chimie a un rôle énorme à jouer dans la lutte contre le cancer."

Un nouveau traitement contre le cancer de la prostate

Un troisième médicament pourrait s'ajouter dans la liste des traitements contre le cancer de la prostate métastasé. Car si le cancer de la prostate (le plus fréquent chez les hommes, avec près de 60 000 nouveaux cas recensés en 2018, selon l'Institut national du cancer) se soigne efficacement lorsqu'il est diagnostiqué à un stade précoce, le pronostic est beaucoup moins favorable quand des métastases sont déjà présentes. En outre, pointe Iris Pauporté, ce type de pathologies "touche aussi des patients plus jeunes".

Ce nouveau traitement est une hormonothérapie qui s'ajoute au traitement habituel contre le cancer de la prostate. Il se présente sous forme de comprimés "bien tolérés par les patients", expose Karim Fizazi, oncologue spécialisé dans les cancers génito-urinaires, sur franceinfo. Selon les résultats présentés au congrès, "on rajoute deux ans de survie supplémentaire".

"Le prochain défi sera de déterminer comment personnaliser au mieux les traitements et identifier les composantes thérapeutiques réellement nécessaires pour chaque patient", a expliqué l'oncologue espagnole Elena Castro après la publication des résultats lors de l'Esmo 2026.

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Source: Franceinfo · Florence Morel

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