Le premier secrétaire du Parti socialiste affirme qu'une loi semblable à la loi casseur-payeur proposée par le gouvernement existait déjà dans les années 80 et a été abrogée, car liberticide.

Radio France

Publié le 23/10/2026 08:59

Temps de lecture : 1min

Un manifestant masqué défile lors d'une manifestation contre la "vie chère" à Paris, le 17 octobre 2026 (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
Un manifestant masqué défile lors d'une manifestation contre la "vie chère" à Paris, le 17 octobre 2026 (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

Alors qu'une nouvelle journée de mobilisation s'annonce samedi 24 octobre, le gouvernement a avancé l'examen au parlement de sa loi dite "casseur-payeur". Elle prévoit entre autres de rendre responsable une personne qui a participé à une manifestation dans laquelle il y a eu des dégradations, même si cette personne n'a elle-même rien cassé. Et ce n'est pas la première fois qu'un gouvernement essaye de faire passer une telle mesure ... selon le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure. "Cette loi a déjà existé, elle a été abrogée en 1981 par François Mitterrand, affirme-t-il. Il est complètement irresponsable de justement tenir responsable des gens qui n'ont commis aucun fait."

Cette affirmation est vraie. La loi dite "anti-casseurs" a été promulguée en 1970, deux ans après le mouvement social de mai 68. Ce texte prévoyait que, s'il y avait des dégradations dans une manifestation, ceux qui avaient cassé étaient tenus pour responsables, mais aussi les organisateurs de la manifestation, les syndicats par exemple, ainsi que ceux qui avaient "continué de participer activement à la manifestation", même s'ils n'avaient rien cassé.

Dès 1970, François Mitterrand, qui était alors député socialiste, s'est opposé au texte. "En vérité le gouvernement interdit désormais le droit de manifester, le droit de se réunir, affirmait-il. Même dans des époques extrêmement rudes, au lendemain des événements de 1934, les ligues factieuses, ou même de 1936, au moment où il y avait des conflits dans la rue, on n'est jamais allés si loin." Onze ans plus tard, pendant la campagne présidentielle, le candidat François Mitterrand promet d'abroger cette loi et le fait en décembre 1981, quelques mois après son élection.

Il existe plusieurs exemples de l'application de cette loi "anti-casseur" de 1970. En 1979, une manifestation en soutien aux ouvriers sidérurgistes dégénère à Paris. Quelque 120 personnes sont arrêtées, des casseurs, mais aussi des manifestants et des passants. Un lycéen, Gilles Desraisse, est condamné à 18 mois de prison sur la base des témoignages des policiers pourtant contredits d'autres témoins. Ces arrestations et cette condamnation ont été vivement critiquées à l'époque.

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Source: Franceinfo · Mathilde Bouquerel

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