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Depuis trois semaines, le collectif Censier en lutte transforme une partie des locaux bloqués de Paris-I en université populaire. De la sécurité numérique à la lecture du budget de l’Etat en passant par l’intervention d’intellectuels stars, les enseignements s’inventent au fil de la mobilisation. Avec une ambition : serrer les rangs en chauffant les bancs.

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Un blocage devant un bâtiment de l’université Panthéon-Assas, lors d’une manifestation étudiante à Paris, le 8 octobre 2026.

« Notre ennemi, c’est les pigeons, plus que la sécu ! », lance Tanguy (il a requis l’anonymat comme toutes les personnes interrogées) en recouvrant d’un linge une montagne de pains suisses aux pépites de chocolat. Dès 7 h 30, le comité d’accueil de l’université populaire de Censier becquette, perché sur un banc, les viennoiseries récupérées d’une boulangerie qui met son rab au profit de la mobilisation lycéenne et étudiante. Les oiseaux comme les jeunes sont, de l’aveu de l’étudiant en L3 droit et science politique à Paris-I, « de plus en plus à l’aise ici ».

Depuis 2022, cet ancien campus de la Sorbonne-Nouvelle se divise entre le site universitaire de Censier (Paris-I) et Césure, un tiers-lieu qui se présente comme un « lieu des savoirs inattendus ». Depuis le début du mois d’octobre, les étudiants mobilisés s’approprient cette promesse. Après avoir bloqué le campus pendant dix jours, le collectif Censier en lutte s’est constitué pour lancer son université populaire dans les salles mises à disposition par Césure : des cours alternatifs dispensés par des professeurs et des étudiants solidaires du mouvement, des artistes comme le rappeur Youssef Swatt’s ou des intellectuels comme le sociologue et philosophe Geoffroy de Lagasnerie, qui réunissent jusqu’à plusieurs centaines de personnes. Le tout « par et pour toutes et tous », précise Axelle.

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Source: Le Monde · Myriam Mernissi

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