Seulement 9 % des visiteurs de musée aux États-Unis plébiscitent l’utilisation totale de l’intelligence artificielle. MARIO TAMA / Getty Images via AFP

L’American Alliance of Museums a consulté un large panel de visiteurs sur l’usage de cette technologie, notamment dans l’organisation d’expositions. La plupart des personnes interrogées expriment des réserves et réclament davantage de transparence.

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L’intelligence artificielle s’invite dans tous les arts, quels qu’ils soient. Après le cinéma et la musique, les musées doivent eux aussi se familiariser avec les nouvelles technologies. Aux États-Unis, certaines institutions envisagent d’en faire un outil indispensable du quotidien. Le week-end du 31 octobre, le New York Times  révélait, par exemple, que le Cleveland Museum of Art, dans l’Ohio, s’est doté d’ArtLens Reimagined, une toute nouvelle application propulsée par l’IA. Son objectif ? Permettre aux visiteurs d’interagir librement avec les œuvres et leur donner accès à toutes les informations directement sur leur téléphone. Avec cet outil, ils deviendront totalement autonomes et n’auront plus besoin de demander des renseignements aux conservateurs du musée.

Le Cleveland Museum of Art n’est pas le seul site culturel à accueillir cette innovation à bras ouvert. Dans la même veine, le Musée national d’art asiatique du Smithsonian, à Washington, prépare une reconstitution par IA, en réalité virtuelle, de La Chambre du paon, chef-d’œuvre de l’art décoratif d’intérieur créé par James McNeill Whistler et Thomas Jeckyll, à l’occasion d’une rétrospective organisée par la Tate. Les directions de ces établissements respectifs se réjouissent de pouvoir proposer des expériences inédites que seule la technologie peut offrir. Et de faire des économies, surtout. Mais de nombreux amateurs d’art, désapprouvent le geste.

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L’IA inquiète les visiteurs

Un sondage de l’American Alliance of Museums, publiée lundi 2 novembre, indique que l’intelligence artificielle est aujourd’hui au cœur de toutes les préoccupations dans ce secteur d’activité. Elle est davantage redoutée que plébiscitée. Quand l’organisme a posé une question ouverte sur « les problèmes susceptibles d’affecter la confiance des visiteurs envers les musées à l’avenir », les sondés ont majoritairement exprimé leur inquiétude sur l’utilisation de cette technologie. Selon les personnes interrogées, l’IA pourrait « diluer l’exactitude et l’intégrité des informations ». Elle pourrait aussi « remplacer le personnel dévoué des musées, détourner l’attention de la création humaine ou même se livrer à un emprunt contraire à l’éthique du travail des créateurs humains ».

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En chiffres, 43 % des visiteurs de musées souhaitent que les humains gardent la main sur « absolument toutes » les activités des institutions culturelles, à savoir le développement des contenus, l’organisation des expositions et la rédaction des courriels. 29 % d’entre eux se disent favorables à ce que les employés s’aident de l’IA pour écrire des courriels, mais pas pour imaginer les cartels des œuvres ou les affiches publicitaires des expositions. Environ 19 % acceptent que la technologie soit utilisée en réunion uniquement et seulement 9 % militent pour son utilisation totale.

L’American Alliance of Museums précise que les jeunes adultes sont les plus enclins à attendre des humains qu’ils gèrent tout par eux-mêmes. Toutefois, si l’IA générative devenait un outil du quotidien, 45 % des sondés - en majorité les personnes âgées - voudraient que son utilisation, quel que soit le sujet, soit divulguée aux visiteurs afin de respecter un accord de transparence. 36 % souhaitent connaître l’implication de l’IA dans l’organisation des expositions mais se moquent de savoir si elle a été utilisée pour le marketing. Et près de 20 % des personnes interrogées ont déclaré qu’ils ne souhaitent pas être informés sur ce sujet.

Source: Le Figaro · Charles Boutin

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