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Tribune

Antoine Poincaré

Analyste

Mathilde Viennot

Economiste

Pour encourager les investissements en faveur de la transition écologique, il faudrait substituer à la réflexion à long terme des échéances plus immédiates, estiment, dans une tribune au « Monde », les spécialistes du risque climatique Antoine Poincaré et Mathilde Viennot.

Publié aujourd’hui à 13h00 Temps de Lecture 4 min.

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Au milieu du mois d’août, l’affaire était entendue : en matière de risque climatique, il y aurait un avant et un après-été 2026. Le danger n’était plus un vague et lointain horizon, mais il se matérialisait dans nos maisons, nos hôpitaux, nos forêts et nos champs.

Il faut reconnaître que les différentes personnes qui avaient voulu lancer l’alerte s’étaient jusque-là heurtées à un problème de taille : la difficulté à faire entendre clairement les conséquences de ce qui nous attendait. Depuis l’accord de Paris, en 2015, le climat s’était vu doter d’un chiffre totem, une frontière qu’on voulait indépassable : pas plus de 2 °C de réchauffement d’ici à la fin du siècle. Seulement ce chiffre, pourtant synonyme de conséquences catastrophiques, ne fait peur à personne. Si, l’été, il fait 30 °C chez vous, pourquoi ne pas supporter jusqu’à 32 °C ?

On peut, bien sûr, expliquer qu’il s’agit là d’une moyenne, que lors des canicules on atteindrait + 6 °C, voire + 8 °C par rapport aux normales de saison. On rappelle aussi que la température moyenne de la planète Terre depuis deux mille ans varie naturellement de quelques dixièmes de degré tout au plus. Une augmentation de 2 °C est donc évidemment un bouleversement. Tout cela s’explique, mais le mal est fait : 2 °C, ça n’a rien d’effrayant.

A l’été 2026, on pensait donc le problème résolu : désormais, tout le monde comprendrait bien que le changement climatique amènerait des températures au-dessus de 40 °C l’été, voire jusqu’à 50 °C en France d’ici à vingt-cinq ans, des feux de forêt potentiellement sur tout le territoire, des sécheresses qui durent des saisons entières. Quelle surprise, alors, de découvrir une étude de la direction générale du trésor, datée de septembre, qui annonce que, en l’absence d’adaptation, le changement climatique amputerait le produit intérieur brut (PIB) français de 3,6 % seulement en 2050 !

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Source: Le Monde · Antoine Poincaré, Mathilde Viennot

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Topic
Climate
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FR
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