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Le secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, Antoine Triller, a publiquement dénoncé l’organisation d’un événement, sous l’égide de l’Académie des sciences morales et politiques, consacré à l’historien Jacques Bainville, mort en 1936.
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Une académie souffletant publiquement une autre académie : jamais, en deux cent trente ans d’existence, l’Institut de France n’avait connu pareille entorse à la bienséance. Mardi 20 octobre, au cours de la séance solennelle célébrant, comme chaque année, la création de l’institut, le secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, le biologiste Antoine Triller, a publiquement dénoncé les agissements de l’Académie des sciences morales et politiques. Etait spécifiquement visée la tenue, le 9 octobre à l’Institut de France, d’un colloque consacré à l’historien Jacques Bainville (1879-1936), membre de l’Action française.
C’est la première fois qu’une telle faille s’ouvre à l’institut et fracture ce « Parlement des savants » qui rassemble, depuis 1795, les cinq académies (Académie française, Académie des inscriptions et belles lettres, Académie des sciences, Académie des beaux-arts et Académie des sciences morales et politiques). Dans son allocution, Antoine Triller a rappelé l’indépendance de chaque « compagnie ». « Cette indépendance n’efface ni notre histoire commune, ni notre responsabilité collective, ni nos valeurs, a-t-il ajouté. Nos règlements rappellent d’ailleurs que nous devons agir avec indépendance dans un esprit collégial. C’est au nom de cette responsabilité que l’Académie des sciences souhaite exprimer aujourd’hui sa profonde désapprobation. »
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Source: Le Monde · Stéphane Foucart
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