Réservé aux abonnés
Le 5 novembre 2025, Jacques, 70 ans, était renversé par un individu qui a délibérément foncé sur des piétons et des cyclistes sur l’île d’Oléron, disant répondre à un «appel d’Allah». Il accepte de témoigner pour la première fois, alors que Le Figaro Magazine a eu accès à des documents d’enquête qui éclairent le profil du suspect.
Par Esther Paolini envoyée spéciale sur l’île d’Oléron (Charente-Maritime) pour Le Figaro Magazine
Publié le 08/11/2026 à 07h00
À la Cotinière, les plaisanciers en escale viennent rêver le long du port, bercés par les clapotis de l’Atlantique, plus cléments ici qu’ailleurs. Petit, Jacques y accourait après l’école pour contempler les chalutiers et les charpentiers qui réparaient les canots sur des cales à marée basse. Aujourd’hui, il a les mains calleuses, la peau tannée par une vie sous le soleil et les yeux rivés sur son gréement aux grandes voiles rouges. Le «Bihannic», «tout petit», en breton. Depuis sa retraite, en 2020, celui qui fut l’un des derniers charpentiers de marine de l’île d’Oléron y consacre ses journées. «C’est sa maîtresse», sourit Monique, à l’énergie débordante. L’été venu, il emmène ses petites-filles en mer et longe la côte jusqu’à la pointe, au phare de Chassiron. Inutile de s’aventurer au-delà pour cet enfant de l’île qui a grandi à une époque où un interminable pont en béton ne la reliait pas encore au continent. Mais pour la première fois, il n’y a pas eu de sortie en mer cette année. Jacques, 70 ans, n’a plus pris la barre du Bihannic depuis le 5 novembre 2025. Ce jour-là, il allait, comme tous les matins, chercher son pain à la boulangerie du port à vélo. Le vent du sud s’engouffrait dans les roseaux et il n’a pas entendu la voiture qui fonçait sur lui.
Les seuls souvenirs qu’il garde sont l’image des graviers de la route quand il était à terre, puis le battement des hélices, lorsqu’il fut héliporté à l’hôpital de La Rochelle. Ce n’était pas un banal accident de la route. Durant 36 minutes, Jean G., un trentenaire désœuvré, a volontairement percuté à bord de sa Toyota tous les piétons et cyclistes qui se trouvaient sur son passage. Déclarant répondre à un «appel d’Allah», il a été mis en examen pour sept tentatives d’assassinat, ayant blessé plusieurs personnes grièvement, dont une collaboratrice parlementaire d’un député du Rassemblement national (RN). Depuis, une nouvelle expertise psychiatrique réalisée en début d’année a exclu un «trouble mental de dimension aliénante», tout en confirmant que son discernement était altéré, révèle Le Figaro Magazine. Elle ouvre une perspective d’un procès pour les rescapés.
Cet article est réservé aux abonnés. Il vous reste 80% à découvrir.
Vous avez envie de lire la suite ?
Débloquez tous les articles immédiatement.
Déjà abonné ? Connectez-vous
Source: Le Figaro · Esther Paolini
At a glance
- Topic
- World
- Country
- 🇫🇷 FR
- Publisher language
- FR
- Added to Allnira