Un cessez-le-feu localisé autour d'Olechky, ville du sud de l'Ukraine sous occupation russe, a débuté mardi 27 octobre au matin après une trêve annoncée par la Première dame américaine Melania Trump et acceptée par les deux camps.

Cette suspension des combats doit permettre la tenue d'une opération humanitaire dans cette localité isolée, où les habitants pris au piège manquent depuis plusieurs semaines de nourriture et de médicaments.

"Dans le cadre des préparatifs d'une opération humanitaire dans la région d'Olechky, région de Kherson, les forces armées de la Fédération de Russie ont cessé le feu dans le secteur de Kherson (...) à partir de 4 h, heure de Moscou", a annoncé le ministère de la Défense russe sur Telegram.

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"Un 'régime de silence' a commencé, et la partie ukrainienne respecte ses engagements", a écrit de son côté le délégué ukrainien aux droits humains Dmytro Loubinets sur Telegram. L'AFP n'a pas été en mesure de vérifier immédiatement la cessation des combats.

La durée de la trêve à Olechky pas clairement établie

Melania Trump avait annoncé vendredi cette mesure afin de faciliter l'acheminement de l'aide humanitaire.  Cette opération intervient dans un contexte de rapprochement entre le président Donald Trump et la Russie, au grand dam de l'Ukraine et de ses alliés européens. Lundi, le Kremlin s'est d'ores et déjà déclaré ouvert à d'autres trêves humanitaires de ce type, réaffirmant que la Russie appréciait "hautement" les efforts des négociateurs américains, notamment ceux de Melania Trump.

La durée de la trêve à Olechky n'est pas clairement établie. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a affirmé vendredi que l'évacuation d'habitants pourrait prendre au moins "quelques jours".

Dmytro Loubinets avait affirmé que l'opération devait se dérouler en trois étapes : la tenue d'un cessez-le-feu, la livraison d'aide humanitaire à Olechky, puis l'évacuation des habitants souhaitant partir. Son périmètre géographique est également flou : Moscou a affirmé que le cessez-le-feu interviendrait dans "le secteur de Kherson", tandis que Kiev a évoqué "une zone délimitée" autour d'Olechky. Le respect du cessez-le-feu n'est par ailleurs pas garanti : par le passé, les deux camps se sont accusés de multiples violations de trêves convenues lors de cette guerre qui s'étend sur un front d'environ 1 200 kilomètres.

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Située sur le fleuve Dniepr, qui marque la ligne de front dans la région méridionale de Kherson, Olechky est sous occupation russe depuis les premières semaines de l'invasion à grande échelle lancée en février 2022. Elle se trouve à moins de 10 kilomètres à vol d'oiseau de Kherson, la capitale régionale, reprise lors d'une contre-offensive par l'armée ukrainienne en novembre 2022.

Olechky est passée de 24 000 habitants à 2 000

Olechky et ses derniers habitants sont très isolés car leur ville est à la fois sous la menace permanente des drones explosifs russes et ukrainiens, qui attaquent les véhicules, et parce que les routes y conduisant sont minées. Selon d'anciens résidents interrogés par l'AFP début octobre, cette situation a provoqué de graves pénuries de nourriture et de médicaments ces dernières semaines.

L'Ukraine et la Russie reconnaissent la crise humanitaire sur place mais se rejettent la responsabilité de la situation, s'accusant mutuellement d'entraver les livraisons de vivres et les évacuations.

La population d'Olechky, touchée par de graves inondations en 2023 après l'explosion d'un barrage déclenchée par la Russie selon Kiev, est passée d'environ 24 000 habitants à quelque 2 000 aujourd'hui.

Le ministère russe de la Défense a indiqué vendredi que ses troupes mèneraient une "reconnaissance technique" sur place pour sécuriser un passage et assurer la livraison d'aide humanitaire et les évacuations de civils.

Vendredi, Melania Trump avait affirmé que les résidents qui souhaitent évacuer bénéficieraient d'une assistance coordonnée ainsi que d'un moyen de transport "vers la destination de leur choix". "La Russie va tout faire pour déminer de façon à ce que ces gens partent côté russe et restent là-bas", a cependant accusé le président ukrainien Volodymyr Zelensky dimanche.

Le média américain Newsmax, très suivi par les conservateurs aux Etats-Unis, a pour sa part annoncé avoir obtenu un accès exclusif pour suivre son déroulement sur le terrain.

Avec AFP

Source: France 24 · FRANCE 24

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