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De nombreux opposants et journalistes tunisiens font face à une vague de répression accrue depuis 2021.
Un tribunal tunisien a condamné, mardi 27 octobre, le journaliste indépendant Zied El-Heni à quatre ans de prison pour des charges liées au terrorisme, a déclaré son avocat à l’Agence France-Presse (AFP).
Zied El-Heni, critique virulent du président Kaïs Saïed, avait été condamné à un an de prison dans une autre affaire en mai pour des propos qu’il avait tenus sur la liberté de la presse en Tunisie. Les charges retenues contre lui dans cette dernière affaire incluaient « constitution d’un groupe terroriste », selon l’avocate de la défense, Yasmine Ben Brahim.
L’affaire découle d’enregistrements audio qui avaient fuité, attribués à Mondher Ounissi – un ancien dirigeant intérimaire du mouvement d’opposition Ennahdha, d’inspiration islamiste – sur lesquels M. El-Heni avait un jour fait un reportage, a expliqué son avocate. Mondher Ounissi a été condamné à neuf ans de prison dans la même affaire, a affirmé Mᵉ Ben Brahim, même si le contenu des enregistrements reste inconnu.
« Non-dénonciation d’un crime terroriste »
De nombreux membres d’Ennahdha ont été emprisonnés ou ont quitté le pays depuis le coup de force par lequel le président Kaïs Saïed s’est octroyé les pleins pouvoirs en 2021. Le chef historique d’Ennahdha, Rached Ghannouchi, 85 ans, est incarcéré depuis 2023 et purge actuellement des peines de prison à perpétuité et de plus de 70 ans au total pour des charges incluant complot contre l’Etat.
M. El-Heni est très connu depuis sa participation active à la révolution qui a fait chuter le dictateur Zine El Abidine Ben Ali en janvier 2011 et donné le coup d’envoi du Printemps arabe dans toute la région. Il avait d’abord été entendu comme témoin dans l’affaire après avoir rendu compte des enregistrements divulgués, mais les chefs d’inculpation pour lesquels il a été condamné incluaient « non-dénonciation d’un crime terroriste », a précisé Mᵉ Ben Brahim.
D’autres prévenus dans cette affaire ont été condamnés à vingt-cinq ans de prison, mais ils ont fui à l’étranger, a ajouté l’avocate. Des dizaines de critiques du président Saïed sont derrière les barreaux.
Le Monde avec AFP
Source: Le Monde · Le Monde avec AFP
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