À la une de la presse ce vendredi 30 octobre, les habitants de Trappes entre crainte et colère une semaine après l’attentat, les superprofits de Total, une histoire d’espionnage entre les États-Unis et la Chine, et une sélection de films d’horreurs.
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Attentat de Trappes
Une semaine après l’attaque raciste qui a tué Pengo Bossio Wangi et blessé sept personnes, à Trappes, ses habitants “dénoncent le climat de haine qui a servi de terreau à ce drame, et témoignent de la peur d’une récidive”. C’est la une de Libération avec une photo des pancartes et des fleurs déposées dans le square où “Pengo est mort” - une autre pancarte indique : “vos discours de haine tuent.”
Libération donne la parole aux habitants de Trappes. Ils témoignent de leur crainte et de leur colère, après que Kevin T. a vidé 128 cartouches sur des innocents. La quasi-totalité des habitants citent CNews comme “catalyseur de haine à leur encontre” et craignent que leur ville ne devienne une cible. “Les terroristes ne portent pas d’uniforme, on ne sait pas qui est qui”, s’inquiète Madi, qui travaille dans le logement social où le tireur a fini par être arrêté. Un rassemblement contre le racisme se tiendra à Trappes aujourd’hui.
Le tueur a reconnu la préméditation, mais nie avoir commis un crime terroriste. Il estime même que son acte est légitime, et n’a aucun regret, apprend-on dans le Parisien. Il assume avoir visé des personnes “de type musulman, africain ou nord-africain”. L’article détaille le compte-rendu glaçant du procureur sur la froideur et la “très grande préparation” de Kévin T..
La presse internationale en parle de moins en moins déjà. Mais Courrier International relaie un article d’El Watan intitulé : “Et si le tireur s’était appelé Mohamed ?”. Reportage du journal algérien, dans lequel des Trappistes dénoncent “un deux poids deux mesures” en fonction des origines supposées de l’auteur.
Superbénéfices de Total
L’entreprise Total enregistre un bénéfice net record au troisième trimestre : plus 8,3 milliards de dollars. Des superprofits liés à la crise au Moyen-Orient, qui font débat, mais qui satisfont le gouvernement, rapporte Le Figaro. La ministre de l’Énergie Maud Bregeon se félicite et affirme : “On aurait tort de sombrer dans le Total bashing”. Comprenez : de vilipender l’unique major française. D’ailleurs, l’entreprise pétrolière bénéficierait d’un “regain inattendu de popularité” : depuis qu’elle a plafonné les prix à la pompe, au nom du consommateur et de la souveraineté française. Le PDG de Total Patrick Pouyanné revendique même d’en avoir fait “une marque populaire”.
Pour Libération, ces superprofits relancent le débat sur leur taxation, en tous cas à gauche de l’hémicycle. Plus de 8,3 milliards de dollars de bénéfices net au troisième trimestre, c’est plus du double qu'à la même période en 2025, en plein mouvement social contre la vie chère. Mais “le gouvernement freine” toute contribution fiscale supplémentaire, malgré les tentatives d’amendements des députés écologistes, alliés aux autres groupes de gauche. Les écologistes qualifient le pactole de “bulletin de guerre”.
Le Parisien résume bien l’enjeu, avec cette question en titre : “TotalEnergies, profiteur de crise, ou bienfaiteur ?”. En tous cas, l’entreprise fait miroiter à ses salariés une prime exceptionnelle, et des promos sur les actions.
Espionnage sur fond de puces électroniques
C’est un scoop du New York Times, une histoire d’espionnage entre les deux premières puissances mondiales. La cible, c’est Jensen Huang, le PDG de Nvidia, la multinationale américaine leader dans le secteur ô combien crucial des puces électroniques. Sans puces, pas de technologie de pointe et surtout pas d’intelligence artificielle.
Les puces Nvidia sont donc au cœur de la rivalité entre Washington et Pékin, le premier cherchant à limiter l’accès à ces puces au second, pour ne pas être rattrapé voire dépassé. Les renseignements américains surveillaient donc particulièrement Megaspeed, une entreprise constructrice de data center basée à Singapour, suspectée de faire de la contrebande de puces Nvidia direction la Chine.
Au cœur des suspicions : la businesswoman, Alice Huang, citoyenne chinoise. On la voit photographiée aux côtés de Jensen Huang, lors d’un dîner arrosé à Taipei. Ils auraient développé “une relation proche”. Or, elle est suspectée de transmettre à Pékin des informations sur Nvidia.
Ça pose problème aux États-Unis, car lui, Jensen Huang, est proche de Donald Trump, et l’a convaincu d’assouplir les restrictions de commerce de puces Nvidia avec la Chine, moyennant un pourcentage en taxes pour le gouvernement américain. Alice Huang aurait aussi mis en avant sa relation avec Nvidia pour accélérer l’obtention de contrats pour des nouveaux data centers. Donald Trump aurait été mis au courant de tout cela - et aurait choisi, de ne rien faire.
La photo qui clôt l’article montre la déforestation nécessaire pour construire un data center en Malaisie. Nos usages en ligne ont des conséquences bien réelles sur notre planète.
Classement de films d’horreur
Un peu plus léger pour finir : c’est presque Halloween. L’heure donc peut-être de regarder quelques films d’horreur. Pour réviser vos classiques, The Guardian a classé les meilleurs effets spéciaux : des têtes qui explosent aux aliens mutants. Ici, une image ravissante extraite de "The Exorcist" de 1973, classé 11e, notamment grâce à la rotation à 360 degrés de la tête de Linda Blair. "Eyes without a face" de 1960 en noir et blanc alertait déjà sur les dangers de la chirurgie esthétique et du scalpel. Et pour finir le numéro 1 le terrifiant "The Thing", avec une créature qui fait froid dans le dos.
Source: France 24 · Lou KISIELA
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