La sixième édition de la course se terminera par une arrivée inédite avec un nouveau sommet de légende.

France Télévisions - Rédaction Sport

Publié le 22/10/2026 11:44 Mis à jour le 22/10/2026 11:49

Temps de lecture : 6min

Marion Rousse au départ de la 1re étape du Tour de France femmes, le 1er août 2026, à Lausanne. (NICOLAS TUCAT / AFP)
Marion Rousse au départ de la 1re étape du Tour de France femmes, le 1er août 2026, à Lausanne. (NICOLAS TUCAT / AFP)

Le Tour de France femmes partira de l'étranger pour la troisième fois. Comme leurs homologues masculins, les coureuses s'élanceront de Grande-Bretagne pour une course de neuf étapes, partant de Leeds jusqu'à la ligne d'arrivée fixée au sommet du puy de Dôme. Dévoilé jeudi 22 octobre, ce parcours "explosif" est pensé pour un suspense maintenu jusqu'à la dernière étape et pour convenir au plus grand nombre de favorites possibles, explique la directrice du Tour de France femmes, Marion Rousse, à franceinfo: sport.

Franceinfo: sport : Quel regard portez-vous sur ce Grand Départ d'Angleterre ?

Marion Rousse : On est hyper fiers de pouvoir partir de Grande-Bretagne. C'est une première. Partir depuis Leeds, ça permet d'avoir trois jours de course en Grande-Bretagne, qui seront décisifs pour le classement général. Une première hiérarchie sera établie. Dès le deuxième jour de course, on arrive à Sheffield avec pas un seul mètre de plat, 3 000 mètres de dénivelé positif, et pourquoi pas pas mal d'écarts au classement général. Ensuite, le contre-la-montre par équipes dans les rues de Londres. On va passer devant les plus beaux monuments de la ville. Et c'est un exercice inédit sur le Tour de France femmes, une nouveauté pour notre jeune épreuve. C'est très pointu, ça se joue à la seconde.

Qu'est-ce qui vous a poussée à introduire le contre-la-montre par équipes dans votre programme ?

C'est un exercice qu'on voit très peu, déjà dans le circuit masculin, mais encore moins dans le circuit féminin. Esthétiquement, c'est très beau. On aime bien ajouter des nouveautés. Ça pimente le parcours, les stratégies, rien que dans le fait d'établir les compositions d'équipes. Il faudra forcément aligner des rouleuses.

Le parcours du Tour de France femmes 2027, de Leeds au Puy de Dôme (ASO)
Le parcours du Tour de France femmes 2027, de Leeds au Puy de Dôme (ASO)

Chez les hommes, on avait trouvé une coquille dans le règlement qui nous permettait d'arrêter les temps sur le premier concurrent à franchir la ligne d'arrivée. Ce ne sera pas le cas chez les femmes. Le temps sera pris sur la quatrième concurrente, ce qui récompense encore plus le travail d'équipe. Sur un parcours plat avec pas mal de relances, ça va rajouter un peu de piment.

De la campagne anglaise à l'arrivée au pied de Buckingham Palace, ce Grand Départ sera aussi un trait d'union entre l'histoire du cyclisme et son présent, avec les stars britanniques comme Zoe Bäckstedt, Cat Ferguson ou Lizzie Deignan...

Exactement, et on n'oublie pas Millie Robinson, la vainqueure du premier Tour de France féminin de l'histoire, en 1955, et qui habitait à Leeds. L'histoire était tout trouvée : on passe des pionnières, avec Millie Robinson, à la jeune génération qui arrive avec Zoe Bäckstedt encore Cat Ferguson, qui m'a confié qu'elle rêvait d'être au départ, en passant par Lizzie Deignan vainqueure du premier Paris-Roubaix femmes.

Trois jours de course en Grande-Bretagne, ça pèse forcément sur un parcours de neuf étapes...

Ce Grand Départ a évidemment conditionné la suite du tracé. Sur neuf jours de course, tu ne peux pas aller n'importe où, puisque les transferts doivent être raisonnables. C'est pour cela qu'on débarquera au Touquet, avant l'arrivée à Calais (étape 4). Il n'y aura qu'une seule étape pour les sprinteuses, Orléans-Bourges (étape 6). Ce tracé, c'est vraiment une classique tous les jours, puis une première arrivée au sommet à la Loge des Gardes (étape 7), une ascension qu'on connaît bien sur les routes de Paris-Nice où Tadej Pogacar et Joao Almeida s'étaient imposés.

Et puis ensuite, l'étape de Clermont-Ferrand à la veille de l'arrivée finale (étape 8) où il n'y aura pas un mètre de plat non plus, avec de la moyenne montagne. Avant une fin en apothéose et cette arrivée au sommet du puy de Dôme (étape 9).

"On avait vraiment envie d'aller chercher une montagne mythique, qui nous permettait de faire rentrer le cyclisme féminin encore un peu plus dans l'histoire de notre sport. C'est passé par le Mont Ventoux, par l'Alpe d'Huez, par le Tourmalet. Et cette année, donc, le puy de Dôme."

Marion Rousse, directrice du Tour de France femmes

à franceinfo: sport

Le peloton roulera donc dans Londres le dimanche, et entre le Touquet et Calais le lundi. Comment va se passer ce transfert sans jour de repos ?

Le contre-la-montre par équipes de Londres se terminera aux alentours de 15h30. Ensuite, les concurrentes auront un vol affrété spécialement qui arrivera directement au Touquet. Le rapatriement des bus se fera par ferry, mais pas pour les coureuses, parce que la récupération est hyper importante. C'est un événement majeur pour elle, l'une des plus belles courses au monde. Il faut que les cyclistes soient vraiment mises dans les meilleures dispositions possibles.

La course compte neuf étapes comme l'an passé, mais elle se terminera le samedi et pas le dimanche. Pourquoi ?

Parce qu'on partira un vendredi ! La difficulté, c'était d'avoir trois jours de course en Grande-Bretagne pour ce Grand Départ. Mais les rues de Londres, tu ne peux pas les bloquer un lundi quand les gens vont travailler. Neuf jours de course, ça nous semble être un bon format pour le moment. Évidemment qu'on aimerait évoluer dans les prochaines années, mais on a toujours cette volonté d'emmener tout le monde avec nous. Bien sûr que les plus grosses formations sont capables de faire dix, quinze jours de compétition, [mais pas toutes celles engagées sur le Tour de France femmes].

Sur l'étape qui arrive à la Loge des Gardes, l'arrivée ressemble à celle du Ventoux en 2026, avec une première partie sans grosse difficulté et un final très pentu. C'est une volonté d'avoir ce genre de profil précis ?

La particularité du tracé, c'est qu'il permet à plein de profils différents de s'épanouir. Il n'y a pas de longue ascension de 20 kilomètres comme on avait pu voir sur les précédentes éditions. C'est vrai que la Loge des Gardes ne connaît pas de rupture de pente. Elle correspond à une bonne rouleuse aussi, qui monte bien les bosses, type Marlen Reusser. C'est quand même une ascension de sept kilomètres à pratiquement 7 % de moyenne. Il y a de quoi faire des écarts, mais pas de là à plier le Tour de France femmes. On a imaginé ce parcours pour que tout puisse encore se jouer sur les pentes du puy de Dôme.

Justement, le puy de Dôme est pour vous le terrain propice pour rebattre toutes les cartes et donner lieu à un feu d'artifice final ?

A la différence peut-être du Mont Ventoux, c'est que ce ne sera pas une course de côte. C'est une étape de haute montagne où on ne fait que monter et descendre toute la journée, avant le puy de Dôme et ce paysage tout simplement magnifique, sublime, préservé.

"On a tous cette image de 2023, de la lutte entre Jonas Vingegaard et Tadej Pogacar, de la différence entre le bas de l'ascension avec un public exceptionnel, et puis le calme de la montée. Les coureurs nous avaient même confié que c'était perturbant, parce qu'ils n'avaient plus de points de repère."

Marion Rousse

à franceinfo: sport

Il y aura quelques différences avec les femmes, puisqu'il y aura du public au sommet, mais avec une jauge. Tout le monde ne pourra pas monter. Ce sera notre arrivée finale, donc il sera le théâtre du podium et du protocole. Ce sera spectaculaire, et on a envie d'inscrire le nom des cyclistes féminines au sommet de cette ascension. Même si Maria Canins et Jeannie Longo s'étaient déjà livré un duel dans les années 80.

Si vous deviez définir ce Tour en un mot, ce serait lequel ?

Explosif. Très explosif, même, parce qu'il faut du punch pour faire des différences sur des pourcentages qui seront souvent au-dessus des 10% sur des ascensions pas très longues. Et, en même temps, la Loge des Gardes et le puy de Dôme sont des ascensions de plus de 10 kilomètres. Il faudra être un peu hybride pour performer. Il faut aussi savoir frotter parce que, souvent, ce sont des petites routes, des changements de direction. On aura un scénario assez imprévisible.

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Source: Franceinfo · Théo Gicquel

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