À la prison de Bordeaux-Gradignan, 273 prisonniers dormaient sur un matelas au sol, le lundi 2 novembre 2026. Marie-Hélène Hérouart / Le Figaro

Soumis à un taux d’occupation inédit malgré la construction d’une nouvelle prison, les surveillants pénitentiaires sont en difficulté. Les agressions se multiplient.

Au centre pénitentiaire de Bordeaux-Gradignan, la situation ne s’améliore pas pour les surveillants pénitentiaires. En sous-effectifs, ils doivent gérer les détenus enfermés dans des cellules trop petites pour le nombre de prisonniers. L’ancienne prison, qui devait être fermée en raison de son insalubrité, contenait encore 621 détenus ce lundi, soit plus du double de sa capacité d’accueil, qui s’élève à 234 places. Ainsi, 170 détenus dorment par terre. Dans la nouvelle prison attenante, sous-dimensionnée dès le départ, 103 matelas sont posés à même le sol alors que le bâtiment compte seulement 142 places. Pour rappel, en 2023, le dispositif stop écrou avait été mis en place alors que l’on dénombrait 150 matelas au sol. Force est de constater que la situation ne s’est pas améliorée.

Cette surpopulation carcérale rend les prisonniers particulièrement tendus, voire violents. Samedi, pour la deuxième fois en un mois, un prisonnier a agressé les surveillants pénitentiaires afin d’obtenir son placement au quartier disciplinaire, où les détenus punis sont seuls dans leur cellule. Pour parvenir à ses fins, l’homme a mordu et étranglé un gardien. Un mois plus tôt, le 27 septembre, ce même détenu en avait agressé un autre à coups de fourchette. En parallèle, un important trafic de drogues fait rage au sein de la prison.

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« Les taux d’occupation des maisons d’arrêt pour homme sont inédits… Les surveillants pénitentiaires subissent des agressions, des insultes et des menaces tous les jours au milieu d’une détention ingérable où les prisonniers sont sous l’empire de produits stupéfiants de toute sorte. La direction est incapable d’assurer notre sécurité », glisse au Figaro un surveillant pénitentiaire. Le syndicat UFAP Unsa Justice insiste sur la nécessité d’augmenter les moyens de la structure si le nombre de détenus continent à exploser.

Source: Le Figaro · Marie-Hélène Hérouart

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