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Le bénéfice du géant pétrogazier a plus que doublé sur un an, porté par la flambée des cours des hydrocarbures liée aux conflits en Ukraine et au Moyen-Orient. En France, le gazole dépasse désormais 2,35 euros le litre à la pompe, alimentant la crise sociale.
Le gouvernement a demandé jeudi 29 octobre à TotalEnergies d’être « exemplaire » et de « répercuter à la baisse l’avantage de la libération des barils », après que le géant français pétrogazier a annoncé un bénéfice net sans précédent au troisième trimestre, ayant plus que doublé sur un an : 8,3 milliards de dollars (environ 7,45 milliards d’euros) grâce à l’envolée du cours des hydrocarbures provoquée par les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient.
« On a de la chance d’avoir un grand major pétrolier dans une crise telle que celle que l’on traverse, et notamment pour pallier [les] risques d’approvisionnement. Donc, nous, on demande à Total d’être exemplaire. On demande à Total de répercuter, encore une fois, à la baisse l’avantage de la libération des barils, de poursuivre son plafonnement autant que nécessaire, tant que cette crise perdure », a déclaré sur BFM-TV/RMC la porte-parole du gouvernement et ministre de l’énergie, Maud Bregeon, alors que le groupe pétrogazier a annoncé jeudi un bénéfice net inédit pour le troisième trimestre.
La multinationale fait bien mieux qu’au troisième trimestre 2025, pour lequel elle avait enregistré un bénéfice net de 3,7 milliards de dollars, soit une augmentation d’environ 125 % sur un an. Elle dépasse aussi largement ses résultats, déjà exceptionnels, des deux premiers trimestres de 2026, avec des bénéfices nets respectivement à 5,8 milliards et 5,4 milliards de dollars.
« Dans un environnement de prix élevés, marqué par des marges de raffinage à des niveaux historiques et un marché du gaz haussier, TotalEnergies tire une nouvelle fois pleinement parti de son modèle intégré et de sa diversification géographique », a affirmé le PDG du groupe, Patrick Pouyanné, dans un communiqué.
Taxation des superprofits
Ces résultats avaient relancé les appels d’associations et de partis politiques à la taxation des superprofits. TotalEnergies a été portée entre juillet et septembre par un résultat historique sur son activité raffinage-chimie, à 3,5 milliards de dollars, contre 687 millions un an plus tôt.
La forte tension sur le marché du diesel, due aux frappes sur les installations énergétiques et les raffineries en Ukraine, en Russie et au Moyen-Orient, a provoqué une envolée des prix de ce carburant au troisième trimestre, et donc des marges de raffinage, qui reflètent l’écart de prix entre pétrole brut et pétrole raffiné.
Pour les consommateurs, les prix du gazole se sont envolés au cours des derniers mois, à plus de 2,35 euros le litre à la pompe, ce qui alimente en partie la crise sociale en France. TotalEnergies plafonne ses prix à 2,25 euros le litre de gazole dans ses stations-service, gagnant au passage des parts de marché.
La production de pétrole et de gaz du groupe, indicateur important, est en progression par rapport au trimestre précédent, mais en légère baisse, de 1 %, par rapport à la même période l’an dernier. « Hors impact du conflit au Moyen-Orient, la production serait en hausse de plus de 4 % sur un an », précise le groupe.
Sur le gaz naturel liquéfié (GNL), le résultat opérationnel net ajusté a plus que doublé, à 1,9 milliard sur un an, porté par la hausse des prix de vente du GNL et la « surperformance des activités de négoce » du groupe, précise TotalEnergies. Mercredi, le gaz européen a dépassé les 100 euros le mégawattheure pour la première fois depuis quatre ans.
Le Monde avec AFP
Source: Le Monde · Le Monde avec AFP
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