Par Le Figaro avec AFP
Publié le 06/11/2026 à 01h57, mis à jour le 06/11/2026 à 03h47
Deux ministres japonais en visite en Russie ont remis une note de protestation après la saisie, sur ordre du Kremlin, des actifs de Japan Tobacco dans le pays. Tokyo exige la levée immédiate de la mesure, sur fond de tensions liées aux sanctions contre Moscou depuis l’invasion de l’Ukraine.
Passer la publicité Passer la publicitéTokyo a protesté auprès de Moscou et exigé la libération immédiate des actifs russes de la société Japan Tobacco, saisis sur ordre du Kremlin, a déclaré vendredi le porte-parole du gouvernement japonais, Minoru Kihara. Deux ministres japonais en visite en Russie ont «déposé une (note pour) protester auprès du gouvernement russe, conjointement avec l’ambassadeur du Japon en Russie, et exiger le retrait immédiat de cette mesure», a indiqué M. Kihara.
Un peu plus tôt, la société Japan Tobacco International (JTI) a annoncé examiner «d'éventuelles mesures» après la saisie ordonnée jeudi par Moscou de ses actifs en Russie. «Notre groupe a poursuivi ses activités en Russie tout en respectant l’ensemble des sanctions et réglementations nationales et internationales», a indiqué l’entreprise dans un communiqué, ajoutant qu’elle «étudie (...) les éventuelles mesures que nous pouvons prendre et l’impact sur notre groupe». Japan Tobacco International (JTI) avait indiqué que quatre des filiales de production du groupe en Russie avaient été placées sous contrôle temporaire.
Selon un décret publié jeudi par Moscou, le président russe Vladimir Poutine a ordonné que les actifs en Russie du cigarettier JTI soient transférés à une société russe pour leur «gestion temporaire».
Soupçons d’espionnage
La Russie et le Japon, qui ont depuis des décennies un différend territorial autour d’un chapelet d’îles du Pacifique, entretiennent des relations tendues depuis que Tokyo participe aux sanctions contre Moscou dans le cadre de la guerre en Ukraine. Mi-octobre, l’arrestation sur l’île de Sakhaline, en Extrême-Orient russe, d’un journaliste japonais travaillant pour le quotidien régional Hokkaido Shimbun a suscité un regain de tension. La diplomatie russe a accusé le Japon d’utiliser ses journalistes accrédités dans le pays à des fins d’espionnage, ce que la première ministre nippone Sanae Takaichi a nié.
La mise sous «administration temporaire» des actifs en Russie de JTI survient après des décisions similaires concernant notamment les actifs de la filiale russe du distributeur français Auchan et de l’ex-entité du groupe français Leroy Merlin, mais aussi ceux du géant suisse de l’agroalimentaire Nestlé. La Russie a invoqué leur appartenance à des pays «inamicaux» soutenant l’Ukraine.
Depuis l’offensive russe à grande échelle en Ukraine lancée en février 2022 et les premières sanctions économiques décrétées par les Occidentaux, de nombreuses multinationales ont quitté la Russie, d’autres y ont suspendu leurs activités et leurs actifs ont été saisis et transférés à des sociétés russes. Mais certaines marques sont restées implantées, ce qui leur a valu parfois de vives critiques de l’Ukraine - et au-delà - au motif qu’elles participeraient ainsi au financement de l’Etat russe et donc de l’effort de guerre.
Source: Le Figaro · Le Figaro avec AFP
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