Mauvaise passe pour la superstar française du football, Kylian Mbappé. Après avoir vu le Ballon d'Or lui échapper lundi 26 octobre, le joueur subit les foudres des autorités chinoises. En cause : ses propos sur Mao Zedong qui ont offensé Pékin. La colère de Pékin menace désormais le joueur et les sponsors de son club, le Real Madrid.
Publié le : 27/10/2026 - 18:23
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À l'origine du courroux de Pékin, il y a cette séquence vidéo tournée au mois de mars dans le talk-show français en ligne The Bridge, animé par le football Aurélien Tchouaméni. Son coéquipier en club comme en sélection, Kylian Mbappé, y est interrogé en coulisses à propos de diverses images le parodiant – des « mèmes », comme on dit sur la Toile. Sur le ton de la plaisanterie, en pleine séance maquillage, l'intéressé évoque alors celle qui le fait ressembler à un « dictateur chinois ». Apparaissent alors, dans la séquence vidéo montée, des images de Mao Zedong (1893-1976), dont les traits ont été remplacés par ceux de Kylian Mbappé.
La vidéo a refait surface lundi 26 octobre, jour de l'attribution du Ballon d'Or 2026 à Londres. Le média chinois Dongqiudi, consacré au football, l'a repérée et écrit que « Kylian Mbappé a tenu des propos inappropriés concernant la Chine lors d'une interview. Ces propos étant susceptibles de blesser la Chine et son peuple, nous ne pouvons les traduire ». Dès mardi, l'international français a présenté ses excuses.
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Conséquences économiques immédiates
Malgré les excuses, quelques heures seulement après la divulgation de la vidéo, trois sponsors chinois de Kylian Mbappé ont fait savoir qu'ils mettaient fin à leur collaboration avec la superstar. Parmi eux, la marque de boisson énergisante Bushuila, filiale du groupe Dongpeng, ainsi que deux fabricants de produits laitiers, Mengniu et Milkground. Même si Kylian Mbappé tire la majeure partie de ses revenus publicitaires des ses partenariats en Europe et aux États-Unis, cette rupture de contrat a des conséquences indirectes pour la star et son club.
Dans la journée, la télévision publique chinoise (CCTV) a fait savoir qu'elle ne retransmettra plus – jusqu'à nouvel ordre – les matchs du Real Madrid, le club de l'attaquant, et ceux de tout le championnat espagnol, la Liga. Pour Vincent Chaudel, fondateur de l'observatoire du Sport Business, c'est surtout là que se trouve la réelle conséquence de cette polémique : « Le Real Madrid, comme La Liga d'ailleurs, cherchent à développer tout le temps leurs revenus. Le Real Madrid est le premier club à avoir passé le milliard d'euros de chiffre d'affaires. Mais pour atteindre ce milliard de chiffre d'affaires, ça passe par de gros contrats de sponsoring. Ces revenus commerciaux sont liés à la zone de chalandise du club et de son aura. Et justement, le marché chinois, aujourd'hui, représente 1,4 milliard d'individus. Donc les sponsors qui s'associent avec un club comme le Real ou avec un joueur comme Mbappé, ce qui leur importe, c'est de pouvoir aller chercher des marchés internationaux. Et c'est cette exposition-là qui est qui est qui est déterminante. »
Une exposition déterminante et menacée par les propos tenus par Kylian Mbappé, qui n'en ait pas à sa première polémique ou « bad buzz » comme avec Ceuta récemment.
La Chine a pris de importance y compris dans l'économie du football
Le sport international tel qu'il a été conçu au XXe siècle par les Européens et les Américains doit maintenant compter avec les pays émergents des Brics+, qui n'ont pas toujours la même vision politique et culturelle que celle des Occidentaux. « Le sport tel qu'on l'a connu est devenu dépendant au cash, à l'argent, estime Vincent Chaudel. Et quand on voit toutes les difficultés économiques que l'on a actuellement chez nous, en Europe, il faut bien aller chercher de l'argent ailleurs. Or, c'est celui qui paie qui décide, en général ! Donc à partir du moment où on prend l'argent des Chinois – ou de l'Arabie saoudite par exemple –, il ne faut pas s'étonner qu'en contrepartie, ils essayent d'infléchir notre façon de penser ou de fonctionner. Si on ne veut pas de leurs exigences, alors ne faut pas prendre leur argent ! »
Dans le cas présent, il y a fort à parier, après les excuses de Kylian Mbappé et celles de Javier Tebas, le président de la ligue espagnole, que les relations entre la star, son club madrilène et Pékin vont s'apaiser. Mais il n'en reste pas moins que la Chine aura su envoyer une mise en garde à l'ensemble du monde sportif sur les conséquences possibles lorsque l'on critique son régime.
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Source: RFI · Pierre Olivier
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