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Par Morgane Tual
Publié aujourd’hui à 20h00Article réservé aux abonnés
RécitCe blog, tenu par un spéléologue amateur en 2001, raconte l’exploration d’une grotte virant au cauchemar, au point de fasciner Internet pendant plusieurs années. Son auteur, longtemps resté dans l’ombre, tente aujourd’hui de monétiser son histoire.
C’est une histoire terrifiante, apparue sur un blog au tournant des années 2000 et souvent considérée comme la première des « creepypastas », ces légendes urbaines d’Internet. Un quart de siècle après sa naissance, elle fut rayée de la Toile en janvier, dommage collatéral de la disparition de son hébergeur historique, Angelfire, avant de réapparaître début octobre sur un nouveau site, assortie d’une collection de T-shirts à 25 dollars. Le signe que les creepypastas ne sont plus un obscur avatar de la culture Web mais, à l’instar des « backrooms », adaptées en film à gros succès cet été, une potentielle machine à cash. L’histoire de « Ted the Caver » (« Ted le spéléologue ») peut-elle connaître le même destin ?
30 décembre 2000. Un site, semblable à tant d’autres, apparaît dans l’immensité du Web. Fond noir, liens jaunes et message d’accueil rose pâle : « Bienvenue sur la page de Ted. » Ted est un spéléologue amateur américain, qui a décidé de chroniquer l’exploration d’une grotte non loin de chez lui. Avec son ami B., ils ont remarqué un trou sur une paroi, de la taille d’un gros poing, à travers lequel passe un filet d’air. Persuadés que quelque chose d’intéressant se trouve de l’autre côté, ils s’acharnent, jour après jour, à l’élargir.
Sur son blog, Ted publie des photos blafardes prises avec son Kodak, raconte l’évolution laborieuse de leur projet, mais aussi quelques anomalies. Des bruits étranges, comme des grondements. La peur inexpliquée de Whip, la petite chienne de B., qu’ils avaient un jour amenée. Et soudain… « J’ai entendu le hurlement le plus terrifiant de ma vie. Pendant quelques instants, je n’ai pas bougé, je n’ai pas respiré. Je me suis tourné vers B. Il était sans voix, l’air inquiet. J’ai regardé dans le trou, m’attendant presque à voir surgir un démon. Mais il n’y avait rien. »
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Source: Le Monde · Morgane Tual
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