Un an après la dernière présidentielle et la répression meurtrière des manifestations, les Tanzaniens ont marqué, ce jeudi 29 octobre 2026, le premier anniversaire des violences sans cérémonie nationale officielle. Des messes ont été célébrées dès le matin, avant la reprise du travail. Alors que les autorités mettaient en garde contre toute nouvelle mobilisation, l'ambassade américaine a rendu hommage aux victimes. Les familles attendent toujours vérité, justice et réparations.

Publié le : 29/10/2026 - 21:38

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Dans les églises de Tanzanie, des fidèles se sont recueillis dès les premières heures de la matinée. Puis, la journée de travail a repris son cours. Ce 29 octobre 2026, le premier anniversaire de la répression électorale s'est déroulé sans cérémonie nationale officielle en hommage aux victimes. La commission d'enquête gouvernementale a recensé 518 morts au cours des troubles survenus après l'élection présidentielle il y a un an ; un bilan très inférieur aux estimations avancées par l'opposition et des organisations de la société civile, qui le contestent.

À l'approche de cet anniversaire, la police avait mis en garde les responsables religieux, les opposants et les militants contre toute mobilisation susceptible, selon elle, de provoquer des troubles. Les Églises ont néanmoins maintenu leurs appels au recueillement. La Conférence épiscopale tanzanienne avait invité les paroisses à célébrer des messes pour les personnes tuées, blessées ou disparues. Le Conseil chrétien de Tanzanie avait également appelé à prier pour la paix, le repentir et la réconciliation.

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Un pays toujours « profondément traumatisé »

Pour le révérend docteur Moses Matonya, secrétaire général du Conseil chrétien de Tanzanie, le pays reste « profondément traumatisé » par les violences d'octobre 2025. Il estime que les prières doivent permettre aux Tanzaniens de se souvenir des victimes et d'engager un processus de réconciliation.

À la veille de cet anniversaire, Amnesty International avait dénoncé la poursuite de la répression contre les voix critiques du pouvoir. Dans un communiqué publié mercredi 28 octobre, l'organisation accusait les autorités tanzaniennes d'utiliser abusivement la législation antiterroriste contre des opposants et des militants. Elle affirme avoir recensé au moins 64 personnes poursuivies au titre de cette législation et réclame des enquêtes indépendantes sur les violences électorales, ainsi que la publication des conclusions des investigations officielles.

Washington refuse de laisser les violences « tomber dans l'oubli »

Le 28 octobre encore, le ministre de l'Intérieur, Patrobas Katambi, avait appelé les responsables religieux et les organisations de la société civile à privilégier le dialogue et la stabilité, mettant en garde contre les conséquences de nouveaux troubles pour la population.

Washington, de son côté, a choisi de marquer cet anniversaire. L'ambassade des États-Unis à Dar es Salaam a rendu hommage aux personnes tuées lors des violences électorales et à leurs familles, réaffirmant sa volonté de ne pas laisser ces événements « tomber dans l'oubli ».

Des familles toujours en attente de réparations

Pour Anna Henga, directrice exécutive du Centre juridique des droits humains tanzanien (LHRC), la priorité est désormais de reconnaître les souffrances des victimes et de leur apporter une aide concrète. « Certaines familles restent sans nouvelles de leurs proches disparus. D'autres doivent faire face à des frais médicaux importants pour soigner les blessés, dont certains gardent de lourdes séquelles des violences », explique-t-elle.

Anna Henga plaide notamment pour la création d'un fonds spécial d'indemnisation destiné aux familles endeuillées et aux personnes blessées ou handicapées lors des violences. Elle estime également qu'une journée nationale de commémoration permettrait aux familles d'entamer leur deuil : « C'est important pour témoigner du respect aux personnes disparues et aux familles qui ont perdu un être cher. Cela leur permettrait de commencer à faire leur deuil et montrerait que l'État se préoccupe de ces morts. »

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Source: RFI · Christina Okello

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