Les automobilistes vont avoir plus de mal à se garer en ville. Cet automne, les villes françaises accélèrent les travaux pour supprimer les places de stationnement près des passages piétons.
Passer la publicité Passer la publicitéDes centaines de places de stationnement sont en train de disparaître un peu partout en France cet automne. À chaque fois, celles-ci sont situées aux abords des passages piétons. La raison de ce phénomène ? Les municipalités n’ont plus que quelques semaines pour se mettre en conformité avec l’article 52 de la loi d’orientation des mobilités (LOM). En vertu de ce texte, «aucun emplacement de stationnement ne peut être aménagé sur la chaussée cinq mètres en amont des passages piétons». En théorie, les communes ont jusqu’au 31 décembre 2026 pour faire le nécessaire.
Mais sept ans après le vote de la loi LOM, les travaux semblent être loin d’être finis. Et il est fort probable que certaines municipalités se retrouvent en dehors des clous. «Il est impossible que 100% [des traversées] soient conformes d’ici le 31 décembre 2026», estime le Collectif Paris Piétons dans une étude publiée fin octobre. Sur 22.000 passages piétons recensés dans la capitale, 20% ne seraient pas aux normes. Un constat partagé au niveau national par l’association 60 millions de piétons : «D’autres municipalités ont pris beaucoup de retard, voire pour certaines ont oublié cet article de loi.»
Les travaux se chiffrent en millions pour les métropoles
Il reste près de 3000 places de voitures concernées à Paris, outre les places de livraison, les places deux-roues et les places handicapées. «La métropole lilloise perdra environ 4500 emplacements, Lyon en verra disparaître plus de 3300, Bordeaux près de 1000, et Amiens 3325», chiffrait en début d’année la Fédération nationale des métiers du stationnement. Pour ces villes, les travaux à effectuer se chiffrent donc potentiellement en millions d’euros : remplacer une place par quatre arceaux de vélo coûte au moins 500 à 1000 euros, et la facture peut grimper jusqu’à 4500 euros par place pour réaliser une avancée de trottoir.
Pour respecter la loi, les communes doivent supprimer les places de stationnement qui se trouvent juste à côté des passages piétons. Une seule place peut être supprimée, puisque celles-ci mesurent cinq mètres de longueur. Par ailleurs, la loi porte sur les places «en amont» des traversées : dans le cas d’une rue à sens unique, cela veut dire que seulement deux places doivent être supprimées s’il y a des stationnements sur les deux bords de la route. Le stationnement de vélos et d’engins de déplacement personnel (trottinettes, monoroues, hoverboards…) reste autorisé. La loi ne prévoit pas de sanction financière pour les communes en retard. Mais en cas d’accident sur un passage piéton non conforme, la responsabilité pénale de la mairie pourrait être mise en cause.
L’objectif du texte est d’améliorer la sécurité des passages piétons. Les automobilistes ne voient pas toujours les piétons qui veulent traverser, à cause d’une voiture garée juste à côté de la traversée. Quant aux piétons, ils doivent parfois se pencher dangereusement pour voir les voitures en approche.
Un problème de visibilité qui s’est aggravé au fil des années, avec la prolifération de véhicules plus hauts qui cachent davantage les piétons. «Les piétons sont majoritairement heurtés par des véhicules lors de leur traversée de rue, dans deux cas sur trois alors qu’ils sont sur un passage piéton», rappelle le Collectif Paris Piétons. «Les personnes âgées et enfants sont sur-représentés dans ces accidents», ajoute l’association. Les piétons représentaient 16% des personnes tuées sur les routes en 2025, selon les données officielles. Leur nombre a augmenté, avec 503 piétons morts lors d’accidents de circulation.
Source: Le Figaro · Simon Chodorge
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