À partir de 10 heures, les députés examinent la loi de finances rectificative, c'est-à-dire le budget 2026 corrigé en cours d'année. Le gouvernement en a besoin pour payer les dettes de l'État envers les entreprises et avancer vers un programme avec le Fonds monétaire international. Le parti majoritaire, Pastef, refuse de la voter en l'état. Les deux camps n'ont pas réussi à s'entendre, malgré des appels au dialogue de part et d'autre. À quoi s'attendre ?

Publié le : 27/10/2026 - 00:44

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Avec notre correspondante à Dakar, Juliette Dubois

Le premier changement est que les recettes baissent de 340 milliards de francs CFA. Le deuxième : avec le choc pétrolier, les subventions à l’énergie passent de 250 à 790 milliards. Pour y faire face, le gouvernement réduit de 555 milliards les investissements, et prévoit 300 milliards pour payer une partie des dettes de l’État envers les entreprises.

Le Pastef, le parti d’Ousmane Sonko, refuse ces coupes, notamment dans la santé et l’éducation, et exige un encadrement légal des fonds spéciaux. Le Premier ministre demande des amendements, mais la marge est étroite pour les députés : ils ne sont recevables que s’ils accroissent les recettes ou réduisent les dépenses.

Le dialogue au point mort

Lundi 26 octobre, l’Assemblée s’est dite prête à rencontrer le gouvernement, et lui a demandé des documents complémentaires. Mais aucune nouvelle procédure formelle, estime-t-elle, ne peut être engagée avant la plénière. Selon le député Pastef Amadou Ba, le gouvernement peut toutefois demander une suspension des débats en séance, pour ouvrir la discussion.

À la veille de l’examen de la loi, le dialogue restait au point mort entre le gouvernement et le Pastef. Malgré la main tendue du Premier ministre, aucune rencontre n’a eu lieu lundi, et chaque camp renvoie la responsabilité à l’autre. Le parti présidentiel, Kiiraay, est lui aussi monté au créneau.

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Le parti présidentiel refuse l’affrontement

Ce lundi après-midi, des députés Pastef ont répondu par des courriers au ministère des Finances, proposant un nouveau round. Mais pas de réponse pour l’instant, selon le député Amadou Ba, responsable de la communication du parti. Mais lui-même doute d’un accord d’ici au vote, et estime les différences de fond trop importantes. Le Premier ministre, lui, se dit « convaincu que nous pouvons nous entendre ». Côté présidentiel, le parti Kiiraay assure avoir des outils pour contourner le vote, mais refuse l’affrontement, à quelques jours des Jeux olympiques de la jeunesse.

Si le Pastef, avec ses 130 sièges sur 165, rejette le texte, le budget initial reste en vigueur, sans crédits supplémentaires pour l’énergie ni pour payer les entreprises, et sans les mesures négociées avec le FMI pour débloquer son programme de 2,2 milliards de dollars.

Le gouvernement ne peut pas imposer la loi par décret ; il peut seulement ouvrir des crédits d’urgence. Il peut cependant engager sa responsabilité, avec l'article 86 alinéa 6 de la Constitution. Le texte passe alors sans vote, sauf motion de censure dans les 24 heures que Pastef peut voter seul avec sa majorité.

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Source: RFI

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