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Le Kurde, opposant farouche au président Recep Tayyip Erdogan, a été condamné pour « propagande terroriste ». Depuis sa détention, il confie au « Monde » garder espoir en l’avenir.

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LETTRE D’ISTANBUL

Des Kurdes de Turquie brandissent un portrait de Selahattin Demirtas, coprésident emprisonné du Parti démocratique des peuples, à Diyarbakir (Turquie), le 21 mars 2026.

Depuis dix ans déjà, Selahattin Demirtas vit derrière les barreaux. Dix ans, jour pour jour, ce 4 novembre, que cet avocat de formation au talent oratoire doublé d’un humour ravageur, élu député, coprésident du Parti démocratique des peuples (HDP, devenu DEM, troisième force du Parlement turc) et figure charismatique du mouvement kurde a été arrêté chez lui, dans sa ville de Diyarbakir, dans le sud-est du pays, à 4 heures du matin, emmené par la police sous les yeux de sa femme, Basak, et de leurs deux filles.

C’est lui qui a été la première véritable bête noire politique du président Recep Tayyip Erdogan, la menace électorale la plus crédible et la plus inattendue que ce dernier ait affrontée. Surnommé le « Obama kurde » par la presse étrangère, « Selo » par ses sympathisants et les milieux progressistes turcs, il avait réussi quelque chose que personne avant lui n’avait accompli : sortir le parti kurde de son ghetto électoral. Lors de la campagne présidentielle de 2014, ce tout juste quarantenaire avait alors lancé au chef de l’Etat en direct à la télévision un tonitruant : « Nous ne te ferons pas président ! » La formule, simple et directe, était devenue virale.

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Source: Le Monde · Nicolas Bourcier

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