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Propos recueillis par Nicolas Truong
Publié aujourd’hui à 19h00Article réservé aux abonnés
EntretienSoutenu par les syndicats et porté par une revendication d’inclusion, le mouvement lycéen est le signe qu’une génération entière s’érige en sujet politique, analyse le chercheur dans un entretien au « Monde ».
Historien et politiste, Samuel Hayat est chercheur au CNRS au sein du Centre de recherches politiques de Science Po (Cevipof) à Paris. Spécialiste de la théorie de la représentation politique et de l’histoire du mouvement ouvrier français au XIXe siècle, il a notamment publié Quand la République était révolutionnaire : citoyenneté et représentation en 1848 (Seuil, 2014) et édité, avec Vianney Griffaton, l’ouvrage autour de Jacques Rancière, Le Philosophe et l’Archive (Presses de Sciences Po, 230 pages, 22 euros). Auteur de Démocratie (Anamosa, 2020), il analyse depuis 2018 les mouvements sociaux contemporains, comme celui des « gilets jaunes ».
En réponse aux manifestations du 5 novembre, qui ont réuni les lycéens et les étudiants mais aussi les syndicats mobilisés contre la vie chère et pour la hausse des salaires, le gouvernement a proposé une conférence sociale. S’agit-il d’une première victoire du mouvement social ?
C’est la reconnaissance, bien tardive, que le pouvoir ne pouvait pas continuer à ne répondre que par la répression. Mais une conférence sociale est le cadre classique de la négociation entre l’Etat, le patronat et les syndicats. Elle peut éventuellement répondre aux revendications sur les salaires et la vie chère, mais pas à ce que dit la jeunesse, dont la révolte excède les revendications catégorielles et qui n’a pas d’organisation pour la représenter à la table. Ceux qui ont ouvert la brèche et réclament leur inclusion risquent de se retrouver une nouvelle fois exclus.
Pourquoi le gouvernement a-t-il mis si longtemps à écouter les manifestants et à tenter de répondre à leur revendication ?
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Source: Le Monde · Nicolas Truong
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