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La Russie a opposé son veto, vendredi, à un projet de résolution américain visant à prolonger la Minurso pour un an et plaçant le plan d’autonomie marocain au centre du règlement de ce conflit, qui oppose depuis cinquante ans Rabat aux indépendantistes du Front Polisario.
Le mandat de la mission de maintien de la paix de l’ONU au Sahara occidental (Minurso), qui expire samedi, n’a pas été renouvelé vendredi 30 octobre après que la Russie a opposé son veto à un projet américain de résolution. Les membres du Conseil de sécurité ont appelé à poursuivre les négociations pour assurer l’avenir de cette force mise en place en 1991 et qui comptait 359 personnels civils et militaires en juin 2026, selon son site Internet.
Chargés du dossier au Conseil, les Etats-Unis portaient un texte, soutenu par 11 membres sur 15, prolongeant la mission pour un an et plaçant le plan d’autonomie marocain au centre du règlement du conflit au Sahara occidental, qui oppose depuis cinquante ans Rabat aux indépendantistes du Front Polisario, soutenus par l’Algérie. Ce changement d’approche se serait traduit par la modification du nom de cette force, la Mission pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental, en Minuso, sans mention d’un référendum sur l’autodétermination de ce territoire.
La Russie a bloqué ce projet de résolution, critiquant une « approche unilatérale », et proposé une reconduction du mandat de la mission dans les mêmes termes que précédemment. Les Etats-Unis ont voté contre et les pays qui soutenaient la résolution américaine se sont abstenus.
« Malheureusement (…) certains membres de ce Conseil ont utilisé leur veto pour préserver la lettre R – pour le référendum (…) que les Nations unies ne se préparent même plus à organiser depuis des décennies », a réagi l’ambassadeur américain à l’ONU, Mike Waltz.
Des négociations interrompues depuis 2019
Le Cabinet royal du Maroc s’est félicité dans un communiqué de la non-reconduction du mandat de la Minurso, y voyant « un pas significatif vers la clôture définitive du dossier du Sahara marocain aux Nations unies ». De son côté, le représentant de l’Algérie à l’ONU, Amar Bendjama, a remercié la Russie « ainsi que tous les pays qui ont choisi de ne pas s’associer à une injustice aussi manifeste ». Il a assuré que l’Algérie continuerait à promouvoir « une solution qui garantisse le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination ». Le représentant du Front Polisario à New York, Sidi Omar, a également exprimé sa « satisfaction » après le rejet du texte américain.
En 2025, le Conseil de sécurité avait apporté, sous l’impulsion des Etats-Unis de Donald Trump, un soutien inédit au plan marocain d’autonomie du Sahara occidental, l’estimant la solution « la plus réalisable », malgré l’hostilité de l’Algérie. Présenté par Rabat en 2007, ce plan prévoit une autonomie sous souveraineté marocaine pour ce vaste territoire désertique, riche en phosphate et aux eaux poissonneuses.
Jusqu’alors, le Conseil pressait le Maroc, le Polisario, l’Algérie et la Mauritanie de reprendre des négociations – interrompues depuis 2019. Le Sahara occidental, colonie espagnole jusqu’en 1975, est contrôlé en majeure partie par le Maroc mais considéré comme un territoire non-autonome par les Nations unies.
Le Monde avec AFP
Source: Le Monde · Le Monde avec AFP
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