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Engagement des artistes pour la présidentielle 2027.
ALE+ALE

Par Roxana Azimi

Publié aujourd’hui à 05h15, modifié à 19h05

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EnquêtePeur du faux pas, d’une phrase tronquée qui serait diffusée en boucle sur les réseaux sociaux et de l’acharnement numérique, ou tout simplement échaudées par un engagement antérieur, les personnalités sont moins disposées à se lancer.

Agir. La question hante nombre d’artistes et d’intellectuels à moins de six mois d’une élection présidentielle à haut risque. Attristés par la fracture du pays, révoltés par les deux mandats d’Emmanuel Macron, dont ils retiennent un sentiment de déclassement et de mépris, atterrés par les coupes budgétaires – 95 millions d’euros de moins pour la culture au projet de loi de finances 2027 – et inquiets de voir des programmations censurées, beaucoup se demandent comment peser.

Dans le bois de Vincennes (Val-de-Marne), au Théâtre du Soleil, dont le fronton arbore les drapeaux français, européen et ukrainien, la question revient sur la table au moins deux fois par semaine en réunion. Rien d’étonnant, alors que se poursuivent sur scène les représentations des deux premiers volets d’Ici sont les dragons, grande fresque sur les racines et la montée des totalitarismes au XXe siècle. Pour libérer la parole sans heurter quiconque, un groupe Signal sera bientôt activé. Les quelque 70 membres de la troupe, ancrée dans toutes les nuances de la gauche, pourront y partager anonymement leurs idées, sans risquer de se quereller. « On se pose la question de la forme à donner à l’engagement. Ce qu’il faut faire, ce qu’il faut dire, ce qui est juste et démocratique », confie sa directrice, Ariane Mnouchkine, 87 ans.

Cette pasionaria a été de tous les combats, en faveur des sans-papiers, des dissidents politiques, de l’Ukraine. Aujourd’hui, elle dénonce « la surdité, l’arrogance adolescente d’Emmanuel Macron, l’incompétence de ses gouvernements successifs, qui portent en germe la rage et les désordres actuels ». Début octobre, elle a apporté son bulletin à la primaire de la gauche sociale-démocrate.

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Source: Le Monde · Roxana Azimi

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