Par M.K.
Publié le 04/11/2026 à 06h00
Si leur déménagement a été motivé par leur carrière, de nombreux étrangers trouvent à Paris un quotidien qui leur correspond, à en croire le baromètre Ifop Paris Workplace, qui compare la vision des expatriés à celle de salariés franciliens.
Passer la publicité Passer la publicitéLes Franciliens sont-ils ingrats ? Il s’agit en tout cas d’un des enseignements de la treizième édition du baromètre Ifop Workplace qui établit cette année un parallèle entre le regard de 127 expatriés travaillant dans la région (Allemands, Néerlandais, Japonais, Sud-Américains…) à celui de 1251 salariés officiant à Paris et en première couronne. Et leur point de vue s’avère majoritairement positif : les expatriés attribuent à la qualité de vie à Paris la note de 6,8 sur 10, contre 6,2 pour les autres. Mieux, 58% d’entre eux considèrent que la capitale leur offre un meilleur équilibre entre vies professionnelle et personnelle que leur pays d’origine. Outre les opportunités professionnelles, ils découvrent donc une autre manière d’articuler le travail avec le reste de l’existence. Ainsi, 82% se disent fiers de travailler à Paris et 36% ne s’imaginent plus vivre ailleurs qu’en France.
Et pour cause, déjà, ils aiment la ville. «Belle» est le premier mot qu’ils lui associent, récompensant son architecture d’un 8,5 sur 10 quand les natifs lui donnent seulement 7,9. En sus du paysage, les expatriés y savourent l’art de vivre : plus de trois quarts d’entre eux considèrent que les Français savent davantage profiter que les autres nationalités. Ils considèrent ainsi comme un us et coutume parisien, le déjeuner au restaurant ou le verre en terrasse après le travail.
Parmi les habitudes jugées les plus exotiques par les actifs venus d’ailleurs, caracolent en tête les RTT, cités en premier par 24% des expatriés répondants, contre 13% des Franciliens. Plus largement, l’immense majorité d’entre eux perçoivent le modèle social tricolore, avec sa protection sociale, ses congés, et ses droits pour les salariés, comme un véritable atout. Ils louent également les horaires de travail, vus comme plus souples qu’ailleurs.
Management à la traîne
La lune de miel avec le travail dans l’Hexagone achoppe néanmoins à la question du management, sur lequel les expatriés portent un regard critique. Les deux tiers le trouvent en retard par rapport au reste de l’Europe. Près de 30% décrivent leur supérieur comme «changeant, donnant des consignes floues», contre moitié moins auprès des Franciliens. Ils pointent aussi des processus de décision longs et peu transparents, démontrant que s’ils apprécient le cadre en France, ils ne peuvent en dire autant de l’exercice de l’autorité. Ils taxent l’organisation de plus verticale et moins lisible.
Enfin, l’étude confirme plusieurs stéréotypes : pour 82% des expatriés, les Français sont râleurs ; ils parlent mal anglais selon 81% d’entre eux et 76% les pensent même grévistes. L’arrogance leur colle également à la peau, d’après 65% de ceux interrogés. La réputation de fainéant semble néanmoins moins actuelle, seuls 45% des expats sollicités pensent que les Français bûchent moins que leurs voisins.
Source: Le Figaro · M.K.
At a glance
- Topic
- World
- Country
- 🇫🇷 FR
- Publisher language
- FR
- Added to Allnira