Le skippeur de 29 ans a appris auprès des plus grands, de François Gabart à Franck Cammas. Il s'impose sur cette transatlantique en solitaire dès sa première participation.

France Télévisions - Rédaction Sport

Publié le 08/11/2026 07:14

Temps de lecture : 3min

Le skippeur français Tom Laperche photographié à bord de son Ultim SVR-Lazartigue, le 29 octobre 2026. (SEBASTIEN SALOM-GOMIS / AFP)
Le skippeur français Tom Laperche photographié à bord de son Ultim SVR-Lazartigue, le 29 octobre 2026. (SEBASTIEN SALOM-GOMIS / AFP)

Sur la ligne de départ de la Route du Rhum 2026, les prétendants à la victoire étaient nombreux et l'issue incertaine. Après six jours, 13 heures et 27 minutes d'une course menée de bout en bout par un seul homme, Tom Laperche s'est imposé à Pointe-à-Pitre, dimanche 8 novembre. Le benjamin de la classe Ultim a fait mieux que ses aînés très expérimentés comme Thomas Coville, attendu pour la deuxième place, ou encore Charles Caudrelier et Armel Le Cléac'h, contraints à l'abandon. A 29 ans, il est même devenu le plus jeune vainqueur en multicoque de l'histoire de la transatlantique en solitaire.

Le Rhum était la suite logique de son irrésistible ascension, un an après son succès sur la Transat Café L'Or aux côtés de Franck Cammas. Mais avec cette victoire, Tom Laperche a franchi un cap. Il n'est plus le jeune protégé de François Gabart, qui l'avait pris en stage pendant la conception du SVR-Lazartigue lors de ses études d'ingénieur, avant de l'emmener sur les Transat Café L'Or 2021 et 2023 (deux fois 2e). Le Loudéacien avait déjà fait ses preuves sur La Solitaire du Figaro, s'imposant en 2022 à seulement 25 ans. Puis il s'était vu confier, seul, les rênes du SVR-Lazartigue au moment où François Gabart a mis sa carrière de skippeur en pause.

Sur cette Transatlantique, il n'aura même pas eu besoin d'un premier essai pour jauger la difficulté d'une course qui le faisait rêver depuis son enfance en Bretagne. "La Route du Rhum, j'ai ça au fond de moi. J'en rêve depuis tout petit. Ce sont les grands trimarans qui partaient à fond sur le Rhum qui m'ont donné envie de faire la course au large", confiait-il au Figaro avant de s'élancer de Saint-Malo. Tom Laperche baigne dans le monde de la voile depuis son plus jeune âge.

Fils de Philippe Laperche, qui a participé quatre fois à la Solitaire du Figaro, et petit-fils d'un autre marin, Loïc Sparfel, il a commencé la voile à 5 ans. "Les deux premières années de sa vie, on habitait en plein milieu de la Bretagne. Ses jouets, c'était des petits tracteurs avec des remorques. Il y mettait de la terre, de la paille. Quand nous sommes arrivés à Saint-Philibert (en face de la Trinité-sur-Mer), il voyait les bateaux mis à l'eau depuis le multipôle. Ses tracteurs transportaient alors des bateaux", se remémorait son père dans les colonnes de Ouest-France en 2020.

L'idole de Tom Laperche était Laurent Bourgnon, double vainqueur de la Route du Rhum en 1994 et 1998, et Thomas Coville a joué le rôle de mentor à ses côtés. Celui qui est attendu pour être son dauphin en Guadeloupe lui avait notamment confié la barre d'ORMA Sodebo pendant quelques minutes lorsque Tom Laperche était encore à l'école primaire. Mais c'est une rencontre avec François Gabart qui a marqué un tournant dans sa carrière de skippeur.

"Je l'ai découvert lors d'une régate en catamaran de sport. Je cherchais un équipier, raconte Laperche dans Libération. Nous avons vite senti que nous avions des points communs, un bon feeling mutuel… et un peu plus tard, il m'a proposé de faire mon stage de fin d'études dans son chantier, durant le début de construction de SVR-Lazartigue, qui à l'époque portait le nom de code M 101. Je rêvais forcément de naviguer sur ce bateau, mais c'était le projet de François. Moi, j'étais juste stagiaire, et mon objectif était de gagner la Solitaire du Figaro".

Franck Cammas et Tom Laperche (de gauche à droite) célèbrent leur victoire sur la Transat Café L'Or, le 5 novembre 2025. (LOIC VENANCE / AFP)
Franck Cammas et Tom Laperche (de gauche à droite) célèbrent leur victoire sur la Transat Café L'Or, le 5 novembre 2025. (LOIC VENANCE / AFP)

Après avoir appris aux côtés de François Gabart, c'est auprès de Franck Cammas qu'il s'est perfectionné l'an passé. "Ce qui est impressionnant chez Tom, c'est qu'il est bon partout. Je n'ai pas l'impression qu'il ait de point faible. Il voit tout de suite le bon coup. Il sait faire avancer son bateau. Il est assez juste dans la gestion du risque", avait remarqué son aîné de vingt-cinq ans pour Le Figaro. "Il pige vite, ne s'enflamme pas, est extrêmement calme. Il n'est pas vieux mais a navigué sur beaucoup de supports, et a donc déjà un sacré bagage", poursuit, dans les colonnes de Libération, le météorologue Jean-Yves Bernot, qui a formé beaucoup de grands marins et qui a "routé" Tom Laperche pendant la course.

Des gens de son âge ayant une telle expérience, il n'y en a pas tant que ça. Il est en haut de la pile, un cran au-dessus, comme l'ont été Gabart ou Cammas.

Jean-Yves Bernot, météorologue

à Libération

Cela s'est donc confirmé dans cette édition de la Route du Rhum, qui a vu Tom Laperche éviter tous les pièges contrairement à Charles Caudrelier, Armel Le Cléac'h et Anthony Marchand qui figuraient parmi les favoris, et mener la course du début jusqu'à la fin. Représentant de cette génération de marins alliant formation d'ingénieur et apprentissage de la course au large, l'élève a définitivement rattrapé ses maîtres.

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Source: Franceinfo · Andréa La Perna

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