Un autre regard sur le vainqueur de la Route du Rhum raconté par sa femme et ses parents.
Un bordélique organisé
Il a beau être un ingénieur diplômé de l’Université de Technologie de Compiègne, Tom Laperche n’est pas un garçon toujours très ordonné. «Il est bordélique par certains côtés mais très organisé dans d’autres, explique sa femme Domitille. Il y a des sacs un peu partout et parfois des affaires dans tous les sens mais en revanche, il arrive à être super organisé et jamais en retard. Ses affaires sont toujours prêtes avant un départ. Mais ça va. Ce n’est pas trop gênant.»
Il est sans-papiers
Tom Laperche est un sans-papiers des mers et de la terre. Il ne devrait pas avoir trop de problèmes pour rentrer en métropole dans les prochains jours mais le skipper ne possède ni son passeport ni sa carte d’identité. Celle-ci est périmée depuis… 2020 ! Quant au passeport, mystère. « J’ai pourtant retourné la maison», explique sa femme. On est un peu en transition entre le moment où sa maman s’occupait encore de ses papiers et le moment où il faut qu’il grandisse », chambre gentiment son papa Philippe.
Ce n’est pas un grand cuisinier
Tom Laperche n’est pas un cordon-bleu. Même si l’alimentation s’est bien améliorée ces dernières années sur les bateaux, la gastronomie n’est pas son fort. L’important est de recharger le corps avec des calories. «Il mange pour vivre et pas l’inverse. Il cuisine des galettes en bon Breton mais ce n’est vraiment pas son truc de passer du temps là-dessus. »
La voile, oui mais les études avant tout
En 2019, il a refusé une sélection sur le Challenge Espoirs Bretagne organisé par le Crédit Mutuel Bretagne, un tremplin de haut niveau pour la voile. «Il nous a dit : « Si jamais j’arrête mes études maintenant, je n’y retournerai jamais. Il voulait vraiment terminer son cursus qui lui a apporté énormément de choses d’ailleurs», explique son père dentiste, évidemment présent en Guadeloupe pour célébrer la victoire.
Paris et le métro, très peu pour lui
On a parfois tendance à croire que les marins sont mieux en mer que sur la terre. Un cliché. Et ce n’est d’ailleurs pas forcément le cas avec Tom Laperche. « Il est dans son élément quand il est à terre tout comme en mer. Il adore la montagne quand il part en rando ou lorsqu’il fait du parapente. Il s’adapte à tous les milieux en fait, sauf quand tu le mets à Paris dans le métro ou dans les grandes villes . Là, il a peur de tout. Tu veux faire le tour du monde en Ultim, mais le métro, ça te fait peur !», souffle sa femme.
Tom Laperche, un caractère vraiment « perché » ?
Le navigateur peut parfois donner l’impression d’être dans son monde, de décrocher subitement lors d’une discussion. «Cela fait partie du personnage. Je pense qu’à la maison, il est moins comme ça. Il n’est pas aussi perché même si ça m’arrive de le gouger en lui disant : "On se réveille". C’est vrai qu’il prend son temps pour expliquer des choses et parfois, lorsqu’il y a des gros blancs, cela peut donner cette impression qu’il décroche.»
La rencontre enfant avec Laurent Bourgnon
Son père Philippe a navigué avec Laurent Bourgnon, double vainqueur de la Route du Rhum (1994 et 1998). Les deux hommes étaient proches. Le petit Tom, haut comme trois pommes du haut de ses 7 ou 8 ans va à la rencontre du navigateur suisse : «Toi tu as traversé l’Atlantique en hobie cat (un petit catamaran de plage, à 20 ans, NDLR). Moi je vais le faire en optimiste !» Bourgnon a regardé le garçon sans lui briser son rêve mais en essayant quand même de lui faire entendre raison, ce qui n’a pas été facile.
Un garçon très émotif
S’il est prêt à affronter l’océan parfois déchaîné, Tom Laperche est un garçon particulièrement sensible à terre. «Il est très émotif, mais même dans la vie de tous les jours. Un film, une musique, il peut facilement se mettre à pleurer», glisse sa femme présente elle aussi aux Antilles. Une émotion qu’il ressent notamment au départ des courses avec ses proches. «Il se rend compte de la chance qu’il a d’être là et me dit souvent ."Je vais vivre un truc de malade, c’est tellement waouh." C’est tellement fort qu’il a besoin que les émotions sortent avant de se remettre dans sa bulle. Il est d’ailleurs capable de switcher très vite. Il pleure et deux minutes et après, il est sur son bateau sans une larme, concentré et prêt.»
Pas amateur d’alcool
Tom Laperche fêtera-t-il sa victoire avec quelques verres de ti-puch bien mérités ? Du bout des lèvres peut-être mais le successeur de Charles Caudrelier au palmarès de la route du Rhum ne boit pas du tout d’alcool.
Un garçon libre comme l’air très tôt
Tom Laperche a bénéficié très jeune d’une liberté de la part de ses parents qui lui faisaient confiance les yeux fermés. «Nous avons fait énormément confiance aux enfants très rapidement. Quand je travaillais (elle est pharmacienne, NDLR), il me téléphonait et me disait : "Maman, je pars avec mon Optimist et je suis rentré à la maison dans deux heures". Je vérifiais deux trois choses et il partait. J’étais à 30 kilomètres de là et son papa au cabinet mais il était très raisonnable», glisse sa maman Sabine. «On les a laissés faire plein de choses. C’est vrai qu’on ne les a pas élevés dans un bocal», ajoute son père.
De Mike Birch à Tom Laperche, les marins qui ont écrit la légende de la Route du Rhum depuis 1978
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Source: Le Figaro · Gilles Festor
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