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Phénomène littéraire dans les années 1980, notamment avec « L’Enfer » qui reçut le prix Femina en 1986, il s’est éteint le 25 octobre, à l’âge de 81 ans.
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René Belletto est mort le 25 octobre à Paris, à l’âge de 81 ans. Peut-être cette disparition permettra-t-elle, à travers le rideau noir de sa circonstance, de faire revenir au premier plan une figure majeure et absolument singulière, aujourd’hui un peu oubliée, de notre littérature récente. Revenir n’est pas un verbe anodin, pour un écrivain qui fut à sa façon obsédé par les fantômes et les frontières : entre vie et mort, genres populaires et pratique savante, écriture et musique, littérature et cinéma.
René Belletto fut d’abord lyonnais : c’est à Lyon qu’il naît en 1945, dans une famille modeste d’origine italo-espagnole, et c’est à Lyon qu’il situe l’action du roman qui lui apporte une première forme de reconnaissance : Le Revenant (Hachette/P.O.L, 1981), après plusieurs livres qu’on dira d’avant-garde – dont l’audience fut en tout cas plus confidentielle. Parmi eux, Film noir (Hachette/P.O.L, 1980), texte expérimental mais qui dit bien la passion de l’auteur pour le cinéma classique américain. Le héros de son roman suivant, Sur la terre comme au ciel (Hachette/P.O.L, 1982, Grand Prix de littérature policière), sera ainsi un pur cinéphile – René Belletto lui-même, qui avait fait des études de lettres, fut un temps critique de cinéma pour le journal Lyon Poche, sous le pseudonyme de François Labret.
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Source: Le Monde · Fabrice Gabriel
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