Le gouvernement doit dévoiler des mesures pour répondre aux demandes de la jeunesse lundi. Au cœur de leurs revendications figure la fin du système d'accès aux études supérieures, que l'exécutif refuse d'abroger.

France Télévisions

Publié le 26/10/2026 05:46

Temps de lecture : 4min

Des manifestants dénoncent le dispositif Parcoursup lors de la mobilisation du 24 octobre 2026, à Toulouse. (MATTHIEU RONDEL / AFP)
Des manifestants dénoncent le dispositif Parcoursup lors de la mobilisation du 24 octobre 2026, à Toulouse. (MATTHIEU RONDEL / AFP)

Le ministre de l'Education nationale l'assure : il va présenter lundi 26 octobre "une première série de décisions" pour répondre aux revendications des lycéens. Parmi le sujet brûlants figure en haut de la liste Parcoursup, système d'orientation pour les études supérieures vivement critiqué par les lycéens.

Les annonces font suite à la mise en place d'une "concertation flash". Trois groupes de travail se sont réunis ces derniers jours pour imaginer, et jusqu'à la fin du mois, des réformes pour la plateforme d'admission post-bac. Représentants de lycéens, d'étudiants et de professeurs ont été conviés aux discussions, non sans tensions. Le syndicat Unsa a aussi quitté la réunion dénonçant "un simulacre de concertation tant les revendications lycéennes y ont été caricaturées et tant le plan de solutions proposé ne laisse aucune marge".

Si Emmanuel Macron a évoqué un "besoin d'une refonte en profondeur de Parcoursup", l'abrogation du dispositif, réclamé par le mouvement lycéen, est écartée par le gouvernement. Dès lors, quelles sont les pistes de l'exécutif pour calmer la colère des jeunes ? Franceinfo fait le point.

Accompagner davantage les élèves dans leur orientation

En classe de terminale à Nantes, Klara se retrouve confrontée à la difficulté de choisir une orientation à la fin du lycée. "A 17 ans, on se cherche encore. C'est trop tôt pour nous demander de choisir un métier", confie-t-elle à franceinfo. Elle n'est pas la seule à se sentir perdue parmi plus de 25 000 formations supérieures proposées.

Pour les aider à faire leur choix, les lycéens sont censés bénéficier de 54 heures d'orientation chaque année, de la seconde à la terminale. Cependant, un rapport parlementaire de février 2026 explique que ce volume horaire annuel n'est en réalité préconisé qu'"à titre indicatif" en fonction des "besoins des élèves" ou de l'accompagnement déjà proposé dans les établissements. Ainsi, "ces heures ne sont donc pas systématiquement inscrites au service des enseignants".

Laetitia Aresu, secrétaire générale de la CFDT Education, confirme ce constat : "Les professeurs principaux ont une dizaine d'heures de vie de classe à faire, mais (...) cela relève du bénévolat", déplore-t-elle. Pour répondre à cette inquiétude partagée par de nombreux lycéens, le président de la concertation sur Parcoursup, Gilles Roussel, explique qu'"il est question d'introduire plus d'orientation dès la seconde".

Modifier le système de sélection

Dans les cortèges et les blocus, les lycéens dénoncent un système de sélection profondément inégalitaire. Sur Parcoursup, les établissements des candidats sont précisés : appartenir à un lycée réputé pour ses bons résultats scolaires peut ainsi être valorisé lors des sélections.

En février 2026, un rapport parlementaire a recommandé de supprimer la mention du lycée d'origine dans les éléments du dossier communiqué aux formations, alertant sur un "risque de biais discriminatoire dans l'étude des dossiers". Selon le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, cette possibilité "doit être mise sur la table", mais "comporte plus de complexités que ce que certains veulent parfois faire croire".

Les jeunes manifestants dénoncent aussi la sélection par le contrôle continu, source d'inégalités et de stress pour les lycéens. Les épreuves du bac, dont la notation est similaire sur tout le territoire, n'entrent pas en compte dans le dossier Parcoursup, les vœux étant formulés à partir de janvier pour une fin du processus au printemps. Gilles Roussel, également président du comité éthique et scientifique de Parcoursup, recommande d'avoir des notes qui servent de référence, comme une banque d'épreuves ou des QCM normalisés.

Davantage de transparence pour les algorithmes

La concertation lancée au ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche étudie aussi la façon de rendre plus transparents "les critères de classement des candidatures". A l'heure actuelle, pour sélectionner les candidats, les commissions de sélection des établissements supérieurs utilisent des outils automatisés, appelés "algorithmes locaux". Selon le rapport parlementaire de février 2026, leur "fonctionnement au regard des critères de sélection n'est pas assez transparent et nourrit de façon plus au moins légitime des sentiments d'injustice." Les auteurs du rapport recommandent ainsi de publier les algorithmes propres à chaque formation ou d'indiquer comment sont hiérarchisés les critères de sélection.

Créer des places à l'université

Le 29 septembre, devant un lycée bloqué à Créteil, Rabah Safsaf, professeur et représentant CGT, fulminait auprès de franceinfo : "Parcoursup crée un désordre sans nom.". Il déplorait la difficulté pour ses élèves d'être acceptés dans la formation de leur choix. "C'est le reflet du manque de places dans l'enseignement supérieur", estimait-il. Un constat partagé par les principales organisations étudiantes, dont certaines réclament la création de 250 000 places.

Reconnaissant "des tensions réelles, en particulier en Ile-de-France [et] pour les élèves issus des baccalauréats professionnels et technologiques", le ministre Philippe Baptiste a ouvert la voie à la création de places. Reste la question du coût. Edouard Geffray a précisé que les décisions se traduiront par "des amendements du gouvernement au projet de loi de finance 2027".

Vous pouvez désormais privilégier l'affichage des articles de franceinfo dans les résultats de recherche Google. Comment ça marche ?

Sur le même thème

Shorts

Source: Franceinfo · Lucie Rivière

At a glance

Topic
Politics
Country
🇫🇷 FR
Publisher language
FR
Added to Allnira