Mandarin Oriental, Four Seasons, Rosewood… Les grandes maisons de l’hôtellerie de luxe figurent en bonne place dans le palmarès mondial 2026 de Luxury Travel Intelligence. Avec quelques surprises, et des absences remarquées aux premières places.
Sur les rives du Chao Phraya, à Bangkok, un palace fête cette année ses 150 ans. Joseph Conrad et Somerset Maugham y ont séjourné, bien avant que l’établissement ne devienne l’une des références de l’hôtellerie asiatique. Son anniversaire coïncide avec une distinction qui concerne, cette fois, toute la famille Mandarin Oriental : pour la quatrième année consécutive, le groupe arrive en tête du classement mondial des marques hôtelières de luxe publié le 27 octobre par Luxury Travel Intelligence (LTI).
Avec un score de 81,1 %, Mandarin Oriental devance Oetker Collection (80,6 %) et Bulgari Hotels (80,2 %). Le résultat n’est pas une surprise. Il mérite néanmoins une précision : ce classement ne désigne pas les meilleurs hôtels du monde, mais les enseignes qui, selon LTI, maintiennent le mieux leurs standards d’un établissement à l’autre. Une nuance de taille lorsqu’on compare des collections d’une dizaine d’adresses à des groupes qui en exploitent plusieurs dizaines.
Le Bristol et le Cap-Eden-Roc dans le trio de tête
À un demi-point du vainqueur, Oetker Collection gagne deux places. Derrière ce nom allemand figurent quelques institutions que les Français connaissent bien : Le Bristol, rue du Faubourg-Saint-Honoré à Paris, l’Hôtel du Cap-Eden-Roc sur la pointe du cap d’Antibes, L’Apogée à Courchevel ou encore Eden Rock à Saint-Barthélemy. Des maisons qui n’ont guère en commun, à première vue, qu’une clientèle très fortunée et des tarifs à l’avenant.
D’autres noms familiers progressent. Dorchester Collection, qui possède notamment le Plaza Athénée et Le Meurice à Paris, passe de la douzième à la sixième place. Belmond, racheté par LVMH en 2019 et propriétaire entre autres du Cipriani à Venise, grimpe au septième rang. Four Seasons passe de la sixième à la quatrième place, tandis que Rosewood reste cinquième.
L’hôtellerie française place aussi un nouveau venu parmi les dix premiers : Airelles, dixième, avec 75,2 %. L’enseigne, connue pour son hôtel de Courchevel, le Grand Contrôle à Versailles ou le Château de La Messardière à Saint-Tropez, apparaît pour la première fois dans le palmarès. Il faut dire que LTI a élargi cette année sa sélection de quinze à vingt marques. Une entrée remarquée, donc, mais à replacer dans ce contexte.
Le Bristol a 100 ans, la légende d’un siècle !
Accéder au diaporama (13)
Aman recule de sept places, Peninsula reste loin du podium
L’un des mouvements les plus inattendus concerne Aman. Considérée comme l’une des références de l’hôtellerie ultra-luxueuse, la marque passe de la deuxième à la neuvième position. Ce recul n’est pas lié à une chambre décevante ou à un service de petit déjeuner jugé insuffisant. LTI met notamment en cause une importante fuite de données personnelles de clients survenue en avril 2026. L’organisme considère que la gestion de cet incident a pesé sur l’évaluation de la marque.
Un critère rarement mis en avant dans un univers où les palmarès s’attardent davantage sur les suites, les spas et les tables étoilées. Mais les clients qui dépensent plusieurs milliers d’euros pour séjourner dans un Aman attendent aussi que leurs informations personnelles restent confidentielles.
Et Peninsula dans tout ça ? C’est peut-être le résultat le plus étonnant du palmarès. L’enseigne hongkongaise, dont les douze hôtels comptent quelques institutions du luxe mondial, du Peninsula Hongkong à celui de Paris, n’arrive qu’à la seizième place, trois rangs plus bas qu’en 2025. Étonnant pour un groupe dont les établissements ont tous été distingués par le Guide Michelin en 2025 et qui a placé deux hôtels dans le top 50 mondial des World’s 50 Best Hotels en septembre dernier. LTI ne fournit aucune explication précise sur cette position. La marque aurait-elle perdu de sa superbe ? Rien ne permet de l’affirmer.
Que vaut, au juste, ce classement ? LTI affirme avoir examiné 134 critères, de la qualité du personnel aux investissements consacrés aux établissements, en recueillant notamment les avis de dirigeants, de salariés et de clients. L’organisme privé, financé par les cotisations de ses membres, ne rend toutefois pas publique la pondération détaillée de ses notes. Mieux vaut donc considérer ce palmarès comme un indicateur parmi d’autres, et non comme une vérité définitive sur les meilleurs hôtels où dormir.
Pour Mandarin Oriental, cette première place arrive à un moment particulier. Passé sous le contrôle intégral de son actionnaire historique Jardine Matheson en janvier 2026, le groupe compte aujourd’hui 47 hôtels et ambitionne d’en exploiter une centaine à l’horizon 2033. À ce rythme, LTI aura bientôt beaucoup plus d’adresses à examiner.
Les dix plus belles marques hôtelières de luxe au monde en 2026
| Rang 2026 | Marque | Score |
|---|---|---|
| 1 | Mandarin Oriental | 81,1 % |
| 2 | Oetker Collection | 80,6 % |
| 3 | Bulgari Hotels | 80,2 % |
| 4 | Four Seasons | 78,7 % |
| 5 | Rosewood | 78,0 % |
| 6 | Dorchester Collection | 76,9 % |
| 7 | Belmond | 76,6 % |
| 8 | Capella | 76,1 % |
| 9 | Aman | 75,5 % |
| 10 | Airelles | 75,2 % |
Source : LTI, World’s Best Luxury Hotel Brands 2026, publié le 27 octobre 2026.
Source: Le Figaro · Yan Bernard-Guilbaud
At a glance
- Topic
- World
- Country
- 🇫🇷 FR
- Publisher language
- FR
- Added to Allnira