Si la situation du candidat Horizons à la présidentielle peut encore évoluer au cours de l'information judiciaire, cette décision éloigne, à ce stade, la perspective de poursuites à son encontre.

France Télévisions

Publié le 30/10/2026 16:48

Temps de lecture : 2min

Edouard Philippe à l'hôtel de ville du Havre (Seine-Maritime), le 22 mars 2026. (LOU BENOIST / AFP)
Edouard Philippe à l'hôtel de ville du Havre (Seine-Maritime), le 22 mars 2026. (LOU BENOIST / AFP)

Il bénéficie désormais d'un statut judiciaire plus favorable. Edouard Philippe a été placé sous le statut de témoin assisté, jeudi 29 octobre, dans l'enquête ouverte à Paris pour détournement de fonds publics, favoritisme et harcèlement moral au sein de la communauté d'agglomération du Havre. Dans un communiqué, le procureur de la République financier, Pascal Prache, rapporte que le candidat Horizons à la présidentielle a été entendu jeudi "en cette qualité par les juges d'instruction qui ont confirmé ce statut à l'issue de son audition". Il ajoute que "les investigations conduites par les juges d'instruction se poursuivent".

L'affaire a démarré par une première plainte déposée auprès du Parquet national financier (PNF) en 2023 par Cornelia Findeisen, ancienne directrice générale adjointe à la communauté urbaine du Havre, ville dont Edouard Philippe est maire. Elle affirme avoir été "témoin de pratiques et manœuvres particulièrement graves et manifestement illégales, de la part d'élus de la communauté urbaine", dont l'ancien Premier ministre. Le PNF a alors ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Cornelia Findeisen a déposé une nouvelle plainte en 2025 avec constitution de partie civile. Puis le PNF a annoncé le 19 mai l'ouverture d'une information judiciaire.

"Il n'y a rien à reprocher à Edouard Philippe dans cette affaire, a réagi sur franceinfo l'avocat d'Edouard Philippe, Emmanuel Marsigny jeudi soir, après la publication du procureur. Il n'y a pas d'indice grave et concordant contre lui."

Selon le code de procédure pénale, ce statut est considéré comme le "statut intermédiaire" entre celui de mis en examen et celui de simple témoin, résume le site vie-publique. Il a été créé en 2000 dans le cadre d'une loi renforçant la protection de la présomption d'innocence et les droits des victimes, avec l'objectif de "réduire le nombre des mises en examen se terminant par un non-lieu".

Il signifie qu'il existe "des indices rendant vraisemblable" que la personne concernée ait pu "participer (...) à la commission des infractions dont le juge d'instruction est saisi". A l'inverse, un simple témoin n'est pas soupçonné, et un mis en examen est visé par "des indices graves ou concordants rendant vraisemblable" qu'il ait pu "participer (...) à la commission des infractions dont [le juge d'instruction] est saisi".

La personne placée sous le statut de témoin assisté dispose de droits spécifiques devant le magistrat, comme l'accès au dossier, l'assistance d'un avocat et la possibilité de garder le silence. Contrairement au mis en examen, il ne peut pas être mis en détention provisoire, ni être assujetti à un contrôle judiciaire, ni se voir imposer un bracelet électronique. En outre, il ne peut faire l'objet d'une ordonnance de renvoi ou de mise en accusation.

Ce statut peut être modifié au cours de l'enquête si des éléments nouveaux apparaissent. Mais en l'état, la perspective de poursuites judiciaires s'éloigne pour le candidat Horizons à la présidentielle. "Si les juges avaient eu le moindre doute, Edouard Philippe aurait été mis en examen", estime sur franceinfo Emmanuel Marsigny.

"Je ne suis absolument pas inquiet sur le sort de cette procédure. Cette affaire est derrière lui."

Emmanuel Marsigny, avocat d'Edouard Philippe

sur franceinfo

Interrogée par l'AFP, Cornelia Findeisen affirme "faire confiance à la justice". Selon elle, cette audition d'Edouard Philippe "montre que [s]on alerte méritait d'être instruite". L'ancienne directrice adjointe dit aussi avoir été écartée et harcelée moralement depuis sa plainte. Son contrat n'a pas été renouvelé. A sa demande, elle a obtenu en janvier 2025 le statut de lanceuse d'alerte. "Nous nous réjouissons que l'instruction suive son cours" malgré ce statut de témoin assisté, a également assuré Jérôme Karsen, l'avocat de Cornelia Findeisen.

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Source: Franceinfo · franceinfo avec AFP

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