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Deux principes s’affrontent sur Facebook, Instagram ou LinkedIn : la liberté d’expression et le devoir de loyauté envers son employeur. Quand un salarié est licencié pour avoir abusé de sa liberté d’expression ou dénigré son employeur, ce débat se poursuit devant les tribunaux.

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Des likes qui font tache. L’affaire a provoqué quelques remous à la Banque de France, en avril. Un de ses hauts dirigeants, Hervé Gonsard, a été épinglé par la CGT pour avoir « aimé » sur LinkedIn des contenus politiques de Sarah Knafo, députée européenne de Reconquête !, ou du député du Rassemblement national (RN) Matthieu Valet. Une enquête interne a repéré une trentaine de likes jugés problématiques et a débouché sur une sanction disciplinaire.

Pourtant, « un salarié qui contesterait ce type de sanction devant le juge obtiendrait, en principe, gain de cause », estime Aurélien Louvet, avocat associé au cabinet Capstan. Car « en théorie, chacun est libre d’exprimer ses opinions sur les réseaux sociaux. Cela relève de sa vie privée et de sa liberté d’expression », poursuit le spécialiste.

En pratique, néanmoins, les salariés ne disposent pas d’un blanc-seing. Le principe de liberté d’expression vient en effet se heurter aux obligations de discrétion et de loyauté envers l’employeur, inhérentes à leur contrat de travail. Dans certains cas, leur activité sur les réseaux sociaux peut se retourner contre eux. Et leur coûter très cher.

Premier écueil : exposer publiquement des comportements répréhensibles sur son lieu de travail. Des contenus peuvent être utilisés par l’employeur pour démontrer un manquement professionnel. A l’instar de cet agent de la société Eamus Cork, qui contrôle les camions passant par le tunnel sous la Manche. Il avait diffusé sur Snapchat, en 2016, des vidéos où il feignait de dormir avec trois de ses collègues pendant le service. « Il a été sanctionné car cela portait atteinte à l’image de l’entreprise », expose Grégoire Froussart, avocat chez De Gaulle Fleurance.

La réalité d’un arrêt maladie

Plus récemment, un caissier chez Action s’est plaint publiquement, cet été, d’avoir été licencié pour avoir diffusé des lives sur TikTok en plein service. « Pour la plupart des postes, l’utilisation des téléphones portables est interdite pendant les heures de travail », défend au Monde le distributeur, qui ne commente pas « les situations individuelles ».

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Source: Le Monde · Thomas Lestavel

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