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BORIS SEMENIAKO

Par Louri Chrétienne de Penanros

Publié aujourd’hui à 17h00, modifié à 17h05

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EnquêteDepuis le lancement des applications d’intelligence artificielle générative, les livres écrits par celles-ci, ou avec leur assistance, prolifèrent sur les plateformes d’autoédition comme KDP (Amazon). Plongée dans l’univers artificiel de l’« entrepreneuriat KDP ».

L’affaire C’était ça ou mourir, de Thélyson Orélien (Grasset), a sonné l’alarme dans le monde de l’édition francophone : quatre ans seulement après la sortie de ChatGPT, la menace que fait peser l’intelligence artificielle (IA) générative sur la littérature éclate au grand jour. Pourtant, cette menace est loin d’être nouvelle. Depuis le lancement du premier chatbot, en novembre 2022, les textes générés par IA se massifient dans l’espace de l’autoédition. Mais cette submersion ne s’explique pas uniquement par la démocratisation de l’intelligence artificielle, ni par son perfectionnement : elle trouve ses racines dans la structure même de l’autoédition, qui repose sur l’absence de filtre à l’entrée.

« Pour la plupart des écrivains autoédités, écrire et publier est un loisir et une passion. Pour d’autres, produire des livres en série n’est qu’une façon de gagner de l’argent, explique la chercheuse Stéphanie Parmentier, autrice de Quand l’IA tue la littérature (PUF, 2025). En l’absence d’éditeur, l’auteur assume tous les rôles, y compris celui de commercial. » L’autoédition recouvre ainsi un large spectre de réalités, oscillant entre deux pôles : l’écrivain du dimanche et l’(auto)entrepreneur intéressé par la rentabilité.

« Dès le départ, le discours assumé a été de dire aux gens : “Vous allez gagner très rapidement de l’argent” », explique la chercheuse en sciences de l’information et de la communication Sylvie Bosser à propos de Kindle Direct Publishing (KDP), la plateforme d’autoédition la plus importante, qui appartient à Amazon. Dans un article consacré à la question, elle explique que le point cardinal de cette rhétorique commerciale est « la production de contenus dont seule la valeur marchande est mise en exergue ».

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Source: Le Monde · Louri Chrétienne de Penanros

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