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Un jour, ils quittent la maison pour de bon. Que faire de cet espace où ils ont grandi ? Un bureau ? Une chambre d’amis ? Le laisser figé dans l’enfance ? Clara Georges a recueilli vos témoignages, pour la newsletter « Darons daronnes ».

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Ce billet est extrait de la newsletter hebdomadaire « Darons daronnes » sur la parentalité, qui est envoyée tous les mercredis à 18 heures. Vous pouvez vous inscrire gratuitement à cette newsletter en suivant ce lien.

Dans mon souvenir, mes parents n’ont pas attendu un mois pour débarrasser ma chambre lorsque j’ai quitté la maison, à 18 ans. Il est possible que ma mémoire déforme la réalité, et que mes vieilles affaires aient pris la poussière bien plus longtemps.

En tout cas, ce dont je me souviens, c’est qu’ils ont profité de mon départ pour pouvoir enfin faire chambre à part. Mes parents étaient deux gros ronfleurs, avec des rythmes de sommeil décalés. Nous habitions un appartement parisien grand – 75 mètres carrés – mais pas extensible. Au départ de ma sœur aînée, dix ans avant moi, ils avaient déjà annexé sa chambre pour en faire « le petit salon », une façon snob de parler de la pièce télé.

Je rêve encore de cet appartement la nuit, et parfois de ma chambre. Elle m’a accompagnée de ma naissance à la fin de l’adolescence. Elle a mué avec moi : la petite commode moche de mon enfance est restée, mais des affiches arrachées dans le métro à l’effigie de mes groupes de rock préférés ont recouvert les murs. Les figurines animalières que je collectionnais ont dû s’accommoder de nouveaux voisins, places de concert empilées, vernis noir mal rebouché, chaîne hi-fi disproportionnée…

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Source: Le Monde · Clara Georges

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