Les Bulgares sont appelés aux urnes, dimanche 1er novembre, pour départager deux candidats à la présidentielle que tout semble opposer : Iliana Iotova, présidente sortante, partisane d'un cessez-le-feu en Ukraine et du dialogue avec Moscou, et Andrey Gyurov, ancien Premier ministre par intérim soutenu par l'opposition pro-occidentale, qui plaide pour une ligne dure face à la Russie.
Arrivée en tête au premier tour avec 35 % des voix contre 32 % pour son rival la semaine dernière, Iliana Iotova a toutefois réalisé un score bien en deçà des attentes, les sondages lui promettant jusqu'à 20 points d'avance.
Selon l'analyste politique Teodor Slavev, elle a pâti de sa "réponse peu convaincante (...) face aux menaces russes en mer Noire", où plusieurs attaques de drones contre des navires marchands ont fait une trentaine de disparus au mois d'octobre, dont 21 au large des côtes bulgares.
"J'ai voté pour que la Bulgarie soit un état fort au sein d'une Europe forte", a déclaré la candidate après avoir voté dans un lycée de Sofia, plaidant pour une politique étrangère indépendante fondée sur "l'intérêt national".
Andrey Gyurov a, lui, affirmé vouloir "une Bulgarie sûre, stable et européenne", après avoir voté dans sa ville natale de Blagoevgrad, dans le sud-ouest du pays.
Voter pour "le moindre mal"
Sous la pluie et le vent dans une grande partie du pays, la participation atteignait seulement 6,1 % à 11 h (9 h GMT), contre 5,8 % à la même heure lors du premier tour, selon la Commission électorale. Le premier tour avait été marqué par un taux de participation historiquement faible de 23 %.
"Je n'aime aucun des deux candidats, mais je n'aime pas non plus le retour du communisme auquel on assiste ces dernières années. C'est pourquoi je suis venue voter", a déclaré à l'AFP Krassimira Kostova, une enseignante de 64 ans.
Petar Doïtchinov, ingénieur à la retraite de 67 ans, qui s'était abstenu au premier tour, est venu voter pour "le moindre mal", estimant qu'aucun des deux candidats ne correspond à sa "conception de la démocratie".
Lors d'un débat télévisé jeudi soir, Iliana Iotova a répété que "la paix ne peut venir que par des négociations". "Déverser davantage d'argent en Ukraine, fournir de nouvelles armes, plus sophistiquées, ne conduit qu'à davantage de destructions et à la mort de nombreuses personnes des deux côtés", a-t-elle affirmé.
En face, Andrey Gyurov a estimé que "la Russie doit mettre fin à son agression pour que les prochaines étapes puissent être franchies".
"Nommons le pays d'où viennent les menaces", a-t-il ajouté, reprochant à Iliana Iotova de ne pas avoir directement mis en cause Moscou alors que la Bulgarie, historiquement proche de la Russie, reste profondément divisée sur sa relation avec ce pays.
La pauvreté au cœur des préoccupations
Le Premier ministre de centre-gauche Roumen Radev soutient comme Iliana Iotova que "le cessez-le-feu en Ukraine et les négociations de paix sont la seule garantie certaine pour mettre fin aux attaques contre les navires commerciaux en mer Noire".
À lire aussiBulgarie : Roumen Radev, la victoire d’une "figure respectée" aux accents prorusses
Ancienne journaliste et figure du Parti socialiste, Iliana Iotova, 62 ans, a siégé au Parlement européen avant d'être élue vice-présidente aux côtés de Roumen Radev en 2016 et 2021. Elle lui a succédé en janvier après sa démission pour se lancer dans la bataille des législatives, remportées par son camp en avril.
En cas de victoire, elle deviendrait la première femme élue présidente dans ce pays de 6,4 millions d'habitants.
Iliana Iotova a également promis de s'attaquer au "terrible problème de la pauvreté" en Bulgarie, pays le plus pauvre de l'Union européenne.
Les bureaux de vote ferment à 20 h (18 h GMT).
Avec AFP
Source: France 24 · FRANCE 24
At a glance
- Topic
- World
- Country
- 🇫🇷 FR
- Publisher language
- FR
- Added to Allnira