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Chronique

Jean-Emmanuel Ray

Professeur émérite de droit privé à Paris-I-Panthéon-Sorbonne

L’utilisation des lunettes popularisées par Meta sur le lieu de travail ouvre la voie à plusieurs atteintes aux droits fondamentaux, à la vie privée des autres salariés ou au secret des affaires, explique, dans sa chronique, le juriste Jean-Emmanuel Ray. Pour cette raison, il propose de les bannir dans l’entreprise.

Publié aujourd’hui à 06h00 Temps de Lecture 2 min.

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Le président-directeur général de Meta, Mark Zuckerberg, au siège de l’entreprise à Menlo Park (Californie), le 23 septembre 2026.

Droit social. L’agent 007 en rêvait, Meta l’a fait. Les lunettes Ray-Ban Meta peuvent, à la demande, filmer, écouter, enregistrer et géolocaliser des personnes mais aussi les environnements, tels que vus par leur propriétaire. Pour un poids total de 52 grammes, et plusieurs centaines d’euros.

Il s’agit moins de lunettes de vue que d’une monture pour intégrer un système de production audiovisuelle assisté par intelligence artificielle (IA), permettant de créer des « contenus » pour Facebook ou Instagram, et à Meta de bâtir son propre écosystème d’IA échappant à celui de Google ou d’Apple, tout en ramassant des données à la pelle. Car ces lunettes ne compensent pas un handicap visuel ou auditif : l’achat porte précisément sur ces fonctions, pouvant être extrêmement intrusives.

Comment ce contrôle social généralisé, généré par un individu voulant écouter sa musique, regarder un film ou téléphoner sans sortir son portable, peut-il aujourd’hui se diffuser sans provoquer le tollé des Google Glass lancées en 2013 ? Comment accepter un tel cumul d’atteintes aux droits fondamentaux de nombreux tiers : au droit à l’image, aux lois Informatique et libertés et sur les données personnelles, à la vie privée mais aussi aux règles de confidentialité, voire au secret des affaires ? Bien sûr, une ampoule LED s’allume quand les lunettes fonctionnent, mais elle peut être neutralisée pour quelques dizaines d’euros. Certes, un portable dans une poche ou bien placé dans un sac permet déjà d’enregistrer sons et images…

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Source: Le Monde · Jean-Emmanuel Ray

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