À quelques heures du départ de la 13e édition, l'émotion et l'appréhension se mêlent chez ces 52 "rookies". Si certains rêvent de prendre le large et de se mesurer à leurs idoles, d'autres redoutent les difficultés de cette première traversée de l'Atlantique en solitaire.

Radio France

Publié le 31/10/2026 09:29

Temps de lecture : 2min

Des monocoques de la classe IMOCA dans le port de Saint-Malo, au nord-ouest de la France, le 30 octobre 2026, avant le départ de la 13e édition de la Route du Rhum. (SEBASTIEN SALOM-GOMIS / AFP)
Des monocoques de la classe IMOCA dans le port de Saint-Malo, au nord-ouest de la France, le 30 octobre 2026, avant le départ de la 13e édition de la Route du Rhum. (SEBASTIEN SALOM-GOMIS / AFP)

Ils seront 115 bateaux, répartis en quatre catégories, à s'élancer dimanche 1er novembre de Saint-Malo en direction de Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe. Parmi les skippeurs, 52 s'apprêtent à prendre le départ de leur première transatlantique.

C'est toujours un moment spécial avant le départ d'une course : celui où l'on dépose son sac à bord. Léonard Legrand réalise maintenant ce qui l'attend à bord de son Ocean Fifty. "Il y a mes vêtements, donc tout ce qui est textile. J'ai des bonnets et des affaires chaudes. J'ai aussi des petites affaires personnelles de toilette : brosse à dent, dentifrice, un peu toutes mes affaires perso. Et puis j'ai mes cirés. C'est un peu l'armure mais je vais en avoir besoin. J'essaye de refaire un peu le film de ce qui va se passer et de me projeter dans la course pour être sûr de rien oublier", détaille-t-il.

Léonard Legrand est un local de l'étape, tout comme Sasha Lanièce, Malouine d'adoption. "Quand je suis chez mes parents et que je regarde au large, je vois le Cap Fréhel. Je vois tous les bateaux qui partent vers l'ouest et qui disparaissent derrière ce cap. Et en fait, il y a un peu un truc dans ma tête : derrière ce cap, c'est l'infini. Et donc pour moi, la Route du Rhum, c'est la course qui part à l'infini, qui part au bout du monde."

"Le jour où je passerai ce cap, c'est sûr, il y aura une grosse émotion"

Sasha Lanièce

à franceinfo

Il a le même regard enfantin, Mateo Le Calvic, 25 ans. Le benjamin des Class40, les plus petits bateaux de la flotte, s'apprête à naviguer aux côtés de ses idoles. "Je ne vais pas balancer tous les noms, mais je pense que Vincent Riou, qui est dans la même classe que moi, j'avais un poster de lui il n'y a pas si longtemps, il y a dix ans, raconte-t-il. Donc c'est assez chouette de se retrouver sur la ligne de départ avec eux. C'est inattendu, inespéré. Je ne me voyais pas du tout être là, donc assez surpris de ça."

Une course légendaire, mais aussi périlleuse. Anne-Claire Le Berre, 44 ans et maman de deux enfants, s'y prépare. "Ce qu'on redoute le plus, c'est toujours des phénomènes météo un peu fous, qui se dégradent à la dernière minute, qui peuvent nous mettre dans des situations compliquées, des dépressions, qui se creusent très rapidement et deviennent des dépressions tropicales ou des gros grains qu'on ne peut pas vraiment anticiper, et une collision qui nous contraint à l'abandon. Ça, ce serait quand même triste, par exemple", explique-t-elle.

Des "bizuths" qui, pour la plupart, se sont échauffés il y a tout juste un an lors de la Transat Café L'Or. Mais ils étaient alors deux à bord. Cela change tout.

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