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Prix du jury à la Mostra de Venise, le septième long-métrage de l’auteur de « Burning » pose un regard lucide et désespéré sur la disparition de la classe ouvrière.

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Sul Kyung-gu (Ho-seok), Jeon Do-yeon (Mi-ok), Cho Yeo-jeong (Ye-ji) et Zo In-sung (Sang-woo) dans « Possible Love », de Lee Chang-dong.

Drôle d’endroit pour découvrir un grand film, votre salon. Pour permettre à Possible Love – qui sort le vendredi 6 novembre sur Netflix sans passer par les cinémas – de déployer toutes ses dimensions, il faudra autant que possible bannir les distractions pendant presque trois heures pour se consacrer tout entier à cette œuvre. On pourra trouver un sens à cette tribulation en constatant que le septième long-métrage de Lee Chang-dong – le premier depuis Burning en 2018 – est victime d’un phénomène (l’ascendance du streaming et le déclin du cinéma en salle) voisin de la financiarisation de l’industrie, qui frappe dans leur chair deux des quatre protagonistes de Possible Love.

Le film commence comme un drame réaliste : une famille réduite à sa plus simple expression sort de sa petite maison, dans un quartier que l’on dirait chez nous pavillonnaire. Le père, Choi Ho-seok (Sul Kyung-gu), silencieux et souffrant ; la mère, Ahn Mi-ok (Jeon Do-yeon), vivante, aux aguets ; leur fils, Cheol (Jung Seol), observateur et méfiant comme il sied aux garçons d’une dizaine d’années ; tous montent dans une voiture pour se rendre aux obsèques d’un ancien collègue de Choi Ho-seok qui s’est donné la mort. En quelques plans, Lee Chang-dong ouvre le champ – et rouvre les blessures – de l’histoire qui a façonné la famille.

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Source: Le Monde · Thomas Sotinel

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