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Par Etienne de Metz
Publié aujourd’hui à 06h30Article réservé aux abonnés
ReportageIl y a dix ans, une poignée de paysans des Pyrénées-Atlantiques opposés au développement des OGM renouaient avec une variété locale de maïs oubliée depuis les années 1950. Un pari qu’ils ne regrettent pas à l’heure d’un changement climatique majeur et des crises géopolitiques.
Le champ d’Iñaki Berhocoirigoin a un côté punk. Entre les tiges de 4 mètres de haut qui voudraient tutoyer le ciel, les petites et les tordues se battent pour que leurs épis se fraient une place au soleil. La couleur de leurs grains, tantôt mordorés, tantôt bordeaux, loin du jaune bien connu des moissonneuses-batteuses, donne à ce maïs son nom de grand roux basque. « Ici, il y a plus de désordre, mais aussi davantage de vie et de diversité », tient à souligner le paysan de 47 ans qui s’apprête, en ce début du mois d’octobre, à récolter les 3 hectares qu’il fait pousser sur sa ferme, à Gamarthe, dans les Pyrénées-Atlantiques, où il élève aussi bovins et cochons.
Dans ce coin du piémont basque, où les vaches portent toujours des cornes et où les toits sont rouges, 14 fermiers ont décidé de réhabiliter ce maïs dit « ancien ». Iñaki Berhocoirigoin et le collectif Arto Gorria ont fait le choix de cultiver cette variété qui n’est pas destinée en priorité aux mangeoires de leurs troupeaux. « Notre projet est de remettre ce maïs au cœur de l’alimentation humaine », revendique le fondateur de l’association, Jon Harlouchet, un béret noir vissé sur le crâne et des convictions chevillées au corps.
Aujourd’hui, deux tiers de la production française de maïs sont destinés à l’élevage et l’écrasante majorité est issue de semences conventionnelles certifiées, vendues aux maïsiculteurs d’une année sur l’autre. Elles tombent sous le coup de la propriété intellectuelle et ne peuvent pas être ressemées d’une année sur l’autre sans que soient payées des redevances. « Ces variétés hybrides ont jusqu’ici surtout été sélectionnées en fonction de leurs capacités de rendement, autour de 10 tonnes par hectare, contre 2 ou 3 tonnes pour le grand roux basque », explique Claire Tailfer, gestionnaire des collections de maïs du centre de conservation et d’étude de ressources génétiques végétales de l’ Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) à Montpellier.
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Source: Le Monde · Etienne de Metz
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