Un rapport fait état de 27 régions russes touchées par une généralisation des contaminations au VIH. Selon les autorités sanitaires, le virus ne menace plus seulement les populations à risque, mais il gagne l’ensemble de la société.
Passer la publicité Passer la publicitéPlus de 3 % des hommes russes âgés de 40 à 50 ans sont séropositifs. Ces chiffres alarmants, dévoilés en début de semaine par un rapport de l’Institut central de recherche en épidémiologie de Rospotrebnadzor – l’agence sanitaire russe – à Moscou, témoignent d’une propagation importante du VIH en Russie. L’épidémie gagne du terrain. Elle ne vise plus uniquement les patients à haut risque, mais concerne désormais l’ensemble de la population, d’après le Moscow Times.
Des patients plus âgés qu’avant
L’un des indicateurs clé de cette bascule est sa généralisation dans 27 régions russes où plus de 1% des femmes enceintes sont séropositives, selon Vassili Akimkine, le directeur de l’Institut central de recherche en épidémiologie de Rospotrebnadzor, cité par le journal moscovite. Les régions de Kemerovo, d’Irkoutsk et de Sverdlovsk situées dans l’Oural et la Sibérie, sont les plus touchées avec plus de 2 % des habitants infectés.
Le profil des personnes touchées s’est fortement modifié au cours des quinze dernières années. Natalia Ladnaïa, chercheuse principale au Département de prévention et de contrôle du sida de Rospotrebnadzor, souligne que l’âge moyen des personnes touchées par le VIH a progressé de 32 à 44 ans sur la période récente. Par ailleurs, environ deux tiers des nouvelles contaminations surviennent désormais chez des personnes hétérosexuelles.
La prise en charge médicale se heurte à certaines limites. Selon Natalia Ladnaïa, seule la moitié des personnes vivant avec le VIH en Russie présentent une charge virale indétectable. Au moins 600.000 personnes demeurent donc en situation de transmettre le virus. Chez les patients sous traitement, le taux de suppression virale se situe entre 77 % et 78 %, un niveau nettement inférieur au seuil de référence de 95 % que préconise l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).
Un système de soins sous pression
Pour la première fois depuis six ans, les autorités sanitaires ont constaté des cas de transmission du VIH par transfusion sanguine directe. Les contaminations en milieu hospitalier explosent aussi avec au moins 104 patients contaminés au sein même d’établissements de santé à cause du réemploi ou du mauvais nettoyage d’instruments médicaux.
Un phénomène qui s’étend à l’armée, fortement mobilisée par la guerre en Ukraine, où les dons de sang d’urgence et le manque de matériel stérile sur le terrain ont entraîné des transmissions nosocomiales. Selon l’agence sanitaire russe, entre 30.000 et 34.000 personnes meurent du VIH chaque année dans le pays, contre environ 17.500 dix ans plus tôt. Face à cette progression, une hausse du nombre de médicaments en circulation pour traiter 30.000 nouveaux cas de VIH est prévue dans le projet de budget 2027. Insuffisant toutefois face aux 45.000 nouveaux cas diagnostiqués en 2025.
Source: Le Figaro · Victorien Cosson
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